DVD en Belgique (3) : pourquoi la France se méfie de nous

Hier, on vous expliquait donc pourquoi, en Belgique, on se retrouve souvent avec des DVD de films français dépourvus de bonus alors que leurs équivalents français en sont remplis (ce sera le cas d’Intouchables qui sort le 28 mars) : la France demande souvent des sommes énormes ou pratique carrément la rétention. Depuis, un autre acteur de la profession qui a pu observer ces pratiques de près nous en a dit plus.

Inondation de marché

Si les relations sont effectivement délicates entre nos pays (mais c’est également le cas entre la Suisse et la France), c’est notamment en raison de certaines pratiques qui ont eu cours dans les années 2000. Une pratique qu’on pourrait appeler «l’inondation de marché».

Certains éditeurs/distributeurs belges (pas tous, loin de là), l’ont allègrement pratiquée, profitant de l'écart qu'il pouvait y avoir entre les sorties dans les deux pays pour vite placer leurs versions dans les magasins français. Aujourd'hui, c’est beaucoup moins fréquent parce que la fenêtre sortie salle/sortie DVD s’est fortement réduite (4 mois en France contre 6 auparavant et même 8 un peu plus lointainement – ce qu’on appelle la «chronologie des medias») et la production, grâce aux nouvelles technologies, s’est fortement accélérée.

En attendant, si tous les éditeurs belges ne pratiquaient pas l’inondation de marché, certains ayant même à cœur de conserver les meilleures relations possibles avec les Français, les relations entre nos deux pays se sont inévitablement dégradées. « Ce n'est probablement pas la seule raison de ce climat pourri mais c'est, selon moi, l'une des principales causes .»

D’où une pratique de rétention déjà mentionnée et confirmée par ce nouvel interlocuteur qui explique que certains éditeurs français prétendent parfois qu’ils ne disposent pas encore d’un bonus particulier et le livrent avec 3 semaines de retard. Entre-temps, le DVD français est sorti, avec ledit bonus, et le DVD belge est à la traîne.

Pratiques douteuses

Cela dit, l’inondation de marché n’est pas la seule chose douteuse pratiquée parfois par des éditeurs belges peu scrupuleux. Pour trouver une solution au problème de rétention, certains achètent un DVD étranger (pas forcément français) et en extraient le contenu (le piratent quoi) pour le récupérer et le mettre sur leur produit. Ca s’est même passé pour des films de seconde zone qui étaient «rippés» depuis des DVD étrangers.

Au début des années 2000, il est même arrivé que des VHS soient directement copiées sur des DVD.

Aujourd'hui, cela dit, une partie des éditeurs qui avaient recours à ces pratiques ont carrément disparu. Mais tout le monde, même les plus droits et honnêtes, en paie encore les conséquences.

PS: L'inondation de marché s'est parfois pratiquée dans l'autre sens aussi. Un des inondeurs belges s'en est d'ailleurs un jour plaint. A se demander qui a commencé, à l'origine.

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