Dragon Ball : une série pas si innocente que ça !

Dragon Ball est l’animé le plus influent de tous les temps. Ce manga crée en 1984 par Akira Toriyama est considéré comme une référence dans le domaine. Mais cette œuvre emblématique des années 1980 n’a pas toujours été aussi populaire aux yeux de tous.

Avec plus de 42 volumes publiés et 300 millions d’exemplaires vendus dans le monde, Dragon Ball est au manga ce que Michael Jackson est à la musique… Iconique. L’œuvre japonaise raconte les péripéties de San Goku. C’est d’abord l’enfance du héros qui est évoquée dans "Dragon Ball" puis la version adulte et plus puissante du personnage dans “Dragon Ball Z”.

Ce qui a fait le succès de l’animé, c’est son côté comique, extravaguant et sérieux à la fois. La saga tire sa force de son ancrage dans la culture asiatique notamment à travers l’inclusion des arts martiaux, mais surtout par les influences de son auteur Akira Toriyama, qui s’est librement inspiré du roman chinois datant du 16e siècle “La Pérégrination vers l’Ouest” (Wu Cheng’en) pour créer son œuvre.

La Cancel Culture avant l’heure

Une formule payante, car c’est ainsi que Dragon Ball est graduellement devenu un succès dans son pays d’origine, le Japon. C’est en 1988 que l’animé arrive dans nos contrées grâce au Club Dorothée, émission très populaire auprès des jeunes de l’époque. Il devient rapidement un phénomène qui déchaîne les passions jusque dans le monde politique français. En 1989, Ségolène Royale, alors députée s’en prend à Dragon Ball et son effet sur les enfants, qu’elle estime " abreuvés de violence, de laideur, de médiocrité " dans son livre "Le ras-le-bol des bébés zappeurs". En 1991, suite à la diffusion d’épisodes contenant des scènes “De violences et de sadismes”. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel condamne TF1 à diffuser un communiqué avant le journal de 20 heures, engageant à la chaîne à “prendre des mesures nécessaires pour que de telles fautes ne se reproduisent pas. Malgré cela, Dragon Ball sera diffusé jusqu’en 1996 dans le Club Dorothée en continuant d’être un succès d’audience sans précédent.
 

Une œuvre qui s’adapte aux mœurs des pays dans lequel elle s’exporte

En 1995, Dragon Ball subit quelques ajustements afin de s’exporter sur le marché américain. La représentation en blackface d’un personnage a été modifiée afin de s’éloigner des représentations dégradantes et simplistes semblables à celles que nous connaissons par exemple dans Tintin au Congo. Il s’agit de Mr. Popo : de peau noire avec de grosses lèvres rouges dans la version originale, il passe au bleu avec des lèvres jaunes dans la version américaine. Enfin, de nombreuses scènes jugées sexistes ont également été supprimées. Le sang, la bière, les cigarettes ont été retirés au montage. Lisa Yamatoa, senior manager en marketing chez Toei Animation estime qu’il y a une différence culturelle qui explique certaines de ces décisions : "En Amérique, tout le monde pense que l’animation est destinée aux enfants, mais au Japon, des gens de tous âges lisent des mangas, et les animé contiennent du contenu destiné à un public plus mature après une certaine heure".

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Quoi qu’il en soit, Dragon Ball reste un classique qui a marqué toute une génération à travers le monde entier. Le 30 mai 2019, l’auteur Akira Toriyama a été sacré Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en France. Preuve supplémentaire que l’œuvre qui divisait à ses débuts a su trouver sa place dans la culture populaire. Le succès est tel que ses nombreux dérivés en jeux vidéo et en films réalisent régulièrement des records de vente. En plus d’avoir popularisé le genre, Dragon Ball peut également se vanter d’être la source d’inspiration de grands mangas tels que Naruto et One Piece qui empruntent les codes de leur aîné dans l’évolution des personnages et dans les arcs narratifs. En tout cas, l’influence intemporelle de la saga n’est pas près de s’estomper de sitôt, pour le plus grand bonheur des fans.

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