Voyages d'affaires en avion : prêts à faire une croix sur cette habitude ?

De plus en plus critiqués pour leur impact environnemental, les voyages d'affaires aériens sont en effet sérieusement remis en question. Et l'avènement récent du télétravail pourrait considérablement changer la donne. Un changement que les "voyageurs d'affaires" semblent prêts à accepter.

La "honte de prendre l'avion" fait son chemin dans les consciences

Le sujet est évoqué depuis longtemps par les militants écologistes mais aussi par le grand public depuis ces dernières années, notamment avec le "flygskam", mouvement suédois signifiant "honte de prendre l'avion", largement repris en Europe et Outre-Atlantique. 

Deux récentes études ont par ailleurs montré que seule une frange très réduite de la population mondiale prend régulièrement l'avion. Parmi ces individus, les "businessmen ou businesswomen". Autrement dit, celles et ceux qui voyagent fréquemment en avion dans le cadre de leur travail.

58% prêts à contourner la politique de transport de leur entreprise

Une "tradition" qui, à l'heure où l'écologie commence enfin à se faire une réelle place dans le débat public, est elle aussi de plus en plus pointée du doigt.

D'après un récent sondage de la société SAP Concur auprès de plus de 4.400 voyageurs d'affaires européens, les principaux concernés en sont d'ailleurs conscients :

 67% d'entre eux s'attendent à prendre moins souvent l'avion au cours des 10 prochaines années pour des raisons environnementales.

L'enquête révèle aussi une volonté des sondés de placer l'impact environnemental de leurs déplacements parmi leurs priorités, notamment chez les Français (52%) et les Italiens (45%).

Globalement, 58% des personnes interrogées vont même jusqu'à affirmer qu'elles seraient prêtes à contourner les budgets et les politiques de déplacements de leur entreprise au profit d'une option de transport "plus écologique".

Le voyage d'affaires en avion est-il voué à disparaître ?

Toutefois, si l'on se réfère à de récentes prévisions de Moody's, les voyages d'affaires effectués en avion ne devraient pas retrouver leur rythme de croisière pré-pandémie avant au moins 2024.

Selon l'agence de notation américaine, "10 à 30% des voyages d'affaires" pourraient en effet être remplacés "par des solutions virtuelles dans les prochaines années".