Pourquoi les "love hotels" à Hong Kong ne sont-ils plus des lieux destinés qu'au sexe ?

Pourquoi les "love hotels" à Hong Kong ne sont-ils plus des lieux destinés qu'au sexe ?
3 images
Pourquoi les "love hotels" à Hong Kong ne sont-ils plus des lieux destinés qu'au sexe ? - © d3sign - Getty Images

Les love hotels, vous connaissez ? Traditionnellement ces hôtels permettent de réserver des chambres à l’heure, mais un nouveau genre de love hotel connaît actuellement un succès fou auprès des Millennials à Hong Kong. Avec la majorité des jeunes hongkongais vivant chez leurs parents, ces love hotels permettent de jouir d’une intimité en toute discrétion grâce à des réservations en ligne et de nouveaux services pour se sentir comme à la maison.

Dans les années 1960, les love hotels ont connu un boom à Hong Kong après avoir été popularisés au Japon. Ces hôtels destinés à des séjours de quelques heures étaient essentiellement utilisés pour avoir des relations sexuelles en toute discrétion. Soixante ans après, la recherche d’intimité est encore plus au cœur des préoccupations de la population à Hong Kong et les love hotels ont retrouvé une nouvelle utilité différente pour la jeune génération.

La recherche de l’intimité même sans sexe

Les jeunes sont particulièrement concernés par le manque d’intimité et la solitude. Si les Belges se sentent seuls en raison de la virtualité des relations, les Hongkongais le sont parce qu’ils restent de plus en plus tard chez leurs parents. En effet, d’après les données du gouvernement hongkongais en 2019, neuf personnes sur dix âgées de 15 à 24 ans et six personnes sur dix âgées de 24 à 34 ans vivaient encore chez leurs parents à Hong Kong. La raison est simple. Avec un marché immobilier bien trop cher, les jeunes gens sont souvent économiquement obligés de cohabiter avec leurs parents.

Quand bien même un couple habiterait avec les parents de l’un d’entre eux, le manque de place indéniable empêche alors tout rapprochement physique. La proximité rend les relations amoureuses de tout ordre extrêmement compliquées même pour les couples mariés.

"Certains sont même des couples mariés qui veulent avoir un peu d’intimité le week-end, quand leur maison est bondée", a déclaré Cheng, la propriétaire du love hotel Mongkok à la BBC.

Avec à peu près 300 love hotels à Hong Kong, la nouvelle génération se tourne à présent vers ces endroits pour avoir un semblant d’intimité et se croire presque dans leur propre appartement. Une nouvelle tendance de love hotel a commencé à émerger proposant un check-in à distance, à l’avance et avec des chambres équipées de télévision, de services de streaming ou encore d’une cuisine et d’une baignoire. Les jeunes Hongkongais cherchent désormais à passer du temps avec leur moitié mais pas seulement pour une relation intime. "Ils incluent Netflix ou des jeux vidéo dans la chambre pour que les couples puissent profiter du temps ensemble. Si on va dans un love hotel traditionnel, on ne peut regarder Netflix que sur notre téléphone. Ces hôtels offrent un espace privé où un couple peut se sentir chez lui", a confié Wayne, 26 ans, à la BBC.

Des réservations plus discrètes adaptées aux Millennials

Outre les nouveaux équipements disponibles dans ces chambres d’hôtel, ces nouveaux love hotels offrent également plus de discrétion en proposant de réserver et de payer une chambre simplement grâce à leur téléphone à un prix raisonnable. Ils reçoivent alors le code pour ouvrir leur porte sans avoir à passer par une tierce personne. "Certains loves hotels [traditionnels] fixent des prix de manière arbitraire. Et à certaines occasions, vous devez faire la queue pendant des heures – ce qui est même encore plus embarrassant si vous tombez sur quelqu’un que vous connaissez", explique Jensen Tse, propriétaire du love hotel Mansion G, qui propose des réservations à distance, à la journaliste Chermaine Lee pour la BBC.

"Dans les love hotels, on peut entendre le bruit des autres chambres mais vous ne savez pas qui ils sont donc c’est moins embarrassant", a confié Wayne.

Depuis la pandémie de Covid-19, certains propriétaires de ces nouveaux love hotels ont constaté, contre toute attente, une augmentation des réservations depuis février et mars comme l’a indiqué Yee, la propriétaire du love hotel Fortress Hill No. 7 à la presse britannique. Quant à Jensen Tse, le propriétaire a également déclaré avoir plus de clients donc certains voulant simplement un endroit pour déjeuner et dîner. Avec la pandémie de Covid-19 toujours d’actualité et le manque de place inhérent à Hong Kong, les loves hotels deviennent donc des endroits pour retrouver une intimité au sens large dans une ville surpeuplée.