Pour l'ONU, les manifestations anti-tourisme sont un signal d'alarme impossible à ignorer

Manifestations des populations contre le surtourisme : un signal d'alarme impossible à ignorer, selon l'ONU.
Manifestations des populations contre le surtourisme : un signal d'alarme impossible à ignorer, selon l'ONU. - © PAU BARRENA / AFP

Diversifier les activités touristiques, réduire la saisonnalité et mettre en valeur les destinations les moins connues : autant de pistes à privilégier pour affronter le phénomène du tourisme excessif, selon les dirigeants du secteur réunis cette semaine à l'occasion du sommet interministériel de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) et le World Travel Market (WTM) de Londres.

Pour Taleb Rifai, secrétaire général de l'OMT (une institution onusienne), le mouvement de protestation qui a secoué l'Europe cet été doit faire figure de "sonnette d'alarme". Le secteur doit prendre en considération le mécontentement des locaux et tout mettre en œuvre pour rééquilibrer l'économie touristique.

"Ce n'est pas la croissance qui est l'ennemie, ni l'affluence", a-t-il déclaré pendant le sommet. "Ce qui est essentiel, c'est la gestion durable, responsable et intelligente de la croissance, et la mise à profit de celle-ci. (...) On ne peut continuer à bâtir des hôtels cinq étoiles au sein de communautés trois étoiles."

 

Barcelone, Venise et Amsterdam ont dû faire face à une surpopulation qui a fait naître un sentiment "tourismophobe" et a conduit les résidents à manifester.

Amsterdam, dont la population s'élève à 850.000 habitants, a reçu 6,34 millions de visiteurs l'année dernière. Ce chiffre devrait passer à 6,57 millions d'ici la fin de l'année et à 7,5 millions en 2025, selon le "Top 100 des destinations urbaines" publié par WTM London. 

Les paquebots XXL déversant quotidiennement leurs milliers de touristes sont montrés du doigt à Venise. Les touristes peu respectueux de l'environnement arrivant à Barcelone et les solutions de location de vacances telles qu'Airbnb sont au coeur du mécontentement dans la ville catalane.

La Grèce est citée en exemple pour ses efforts dans la promotion d'un tourisme hors saison, tout comme le Mexique, qui tente de valoriser ses destinations et sites culturels méconnus. 

De son côté, un représentant d'Airbnb a défendu le service de location en rappelant que 69% des hôtes d'Amsterdam, par exemple, n'étaient pas situés en centre-ville. De même, le président du Conseil mondial du voyage et du tourisme a déclaré que le tourisme apportait de l'emploi à la ville de Barcelone, qui a longtemps souffert d'un taux de chômage et de criminalité élevé.