Petit guide pratique à l'usage de ceux qui veulent s'installer à la campagne (mais qui n'y ont jamais mis les pieds)

Aurélie Delahaye s’y est essayée. Elle livre ses meilleurs conseils dans "Tu veux vraiment t’installer à la campagne. Oui ? Alors il faut qu’on parle", un ouvrage léger et bourré d’humour.

Attention, derrière la vie fantasmée de la campagne se cachent des contraintes bien réelles. Cette vie idéale existe-t-elle vraiment ou n’est-elle qu’un fantasme de bobo citadin déprimé ?

Aurélie Delahaye a décidé de passer le cap, et de s’offrir la vie dont tout le monde rêve tant, proche de la nature. Elle a publié un ouvrage qui se veut à la fois un encouragement et un avertissement pour tous ceux qui veulent tenter l’aventure. Dans son livre, elle distille avec humour ses conseils pour les citadins en quête de sens.

1. Etre fou

"C’est fou de s’installer à la campagne". Pour tous ceux qui tenteraient le grand saut, l’auteure est claire. Néanmoins, poursuit-elle, est-il moins fou de "mettre un réveil" à 6 ou 7 heures pétantes, parcourir les couloirs du métro […], où personne ne sourit, tout ça pour exercer un métier dont on peine à trouver le sens, ou qui nous comble d’un côté, mais vide toute notre énergie de l’autre ? Au lecteur de choisir son camp !

2. Changer de carrière

Quitter la ville, c’est aussi, souvent, quitter son travail. Même si "des exceptions confirment la règle", c’est aussi et souvent une bonne opportunité pour changer de job. L’auteure en sait quelque chose : elle y est devenue écrivaine.

Mais de nombreuses autres carrières sont aussi ouvertes : "apprendre à faire du pain, devenir forgeron, brasseur, […] guide nature". Et tout simplement rêver et inventer son métier : "une ferme biologique, une épicerie associative, un café-concert, une cantine solidaire, une cave à vin, un cabinet médical en plein désert, un food-truck bio-récup"… Sky is the limit.

3. Réduire la voilure

Exit les prix exorbitants de la ville. Au vert, on vit de peu. "1000 euros par mois dans certains endroits sont vraiment suffisants", annonce-t-elle. On peut manger des légumes "que l’on n’a jamais mangés ailleurs" pour beaucoup moins cher qu’à la ville et "trouver bio sans se ruiner". Idem pour les vêtements : on peut "chiner dans des endroits où l’on trouve des fringues gratuites ou pour quelques euros". De quoi ravir les fashionistas adeptes de la seconde main.

"Le contexte, résume l’auteure, aide à dépenser moins […] parce que les magasins, il n’y en a pas tant, donc on n’est pas tenté, et les conventions sociales, elles sont quand même moins fortes".

4. Remballer sa fierté

Impossible, selon elle de construire un projet "sans avoir d’abord pris contact avec les gens du coin […] qu’ils nous ressemblent ou pas". L’auteure ne compte plus le nombre de "jeunes de la ville" débarqués, repartant aussi sec à la ville après y avoir laissé leurs économies derrière, parce qu’ils n’y connaissent rien, et qu’ils n’ont pas voulu écouter ceux qui, eux, savent.

Bref, on s’arme d’humilité, de curiosité et on "vadrouille, rencontre, discute, échange". Courage, faire profil bas, ce n’est pas si dur, même pour un citadin.

5. Aimer la nature

Pour tous ceux à qui le ciel bleu manque, les étoiles, les arbres, ou qui voudraient juste profiter d’un coin d’herbe, et pas seulement le dimanche, au parc, avec la moitié de leur quartier, alors la campagne est ce qu’il leur faut.

"L’idéal serait que l’on s’invente une vie qui nous plaise, et grâce à laquelle on n’aurait plus besoin d’attendre avec impatience les vacances".

Oui, retrouver le plaisir de sauter hors du lit, dès 6h (oui, oui), et "observer le lever de soleil au milieu de la brume qui s’est engouffrée dans les collines". Aimer la nature donc, mais…

6. Aimer la nature (bis)

Oui, les oiseaux, le ciel et… les souris (qui peuvent rapidement penser que la cuisine leur appartient), les araignées (et TOUTES leurs pattes), les fourmis (qui s’engouffrent dans le moindre interstice), les mouches, les tiques, les frelons. Bref, ne pas faire sa chochotte. La campagne, ça vit, mais ça vit partout.

7. S’entourer d’animaux

Au problème des souris et insectes envahissants, ne pas hésiter à miser sur un prédateur. Plus pratique que l’aigle : le chat. A choisir un peu roublard cependant, pour qu’il ait envie d’y mettre du sien et éloigner les rongeurs. Pour les araignées, souvenez-vous qu’elles sont la preuve d’une maison saine.

8. Aimer la solitude

Marre de cette ville où l’immensité de la masse vous fait penser que vous êtes seul(e) ? Oubliez vite cette fausse solitude. A la campagne, fini les verres en semaine. En revanche, les voisins vous tendront souvent les bras.

Attention à la déprime hivernale où les longs mois d’hiver, parsemés de pluie et de froid, vous rappelleront peut-être, une certaine idée du confinement. A vous de décrocher le téléphone pour partager une bonne soupe (pas Liebig, ici on cuisine avec les aliments du coin). Vous êtes prévenu(e).

9. Trouver son soi intérieur (en silence)

Enfin, oui, la vie à la campagne est souvent l’aboutissement d’un chemin intérieur riche, dont vous êtes fiers, et que vous avez envie de partager. Oubliez cependant d’en parler autour de vous lorsque vous arrivez. Les gens du coin connaissent le discours par cœur, eux qui vivent là depuis toujours.