Les meilleurs souvenirs de vacances de la rédac : l’Interrail de Lucy en Europe de l’Est

En ces temps de confinement où la plus grande aventure que l’on vit est d’aller faire ses courses avec un masque et des gants, il est parfois agréable de se rappeler les moments de découverte et de détente inoubliables que l’on a vécus.

Après avoir fait un tour sur la côte Est des Etats-Unis avec Chloé et avoir exploré la Sicile avec Valérie, Tendance vous emmène à travers l’Europe de l’Est avec Lucy.

Un Interrail d’un mois en backpack à travers l’Europe de l’Est

En janvier 2017, en pleine période d’examen, j’ai pris cette bonne résolution (début d’année oblige) : "Cet été, c’est décidé, je fête la fin de mes études en partant un mois en Interrail à travers l’Europe de l’Est !" J’ai repoussé mes syllabus le temps de deux soirées, et j’ai organisé mon Interrail pour le mois de septembre suivant. J’ai choisi l’itinéraire, calculé le budget (très très serré) et les économies à prévoir, fait des recherches sur les auberges de jeunesse et même préparé un PowerPoint pour présenter le projet à A. et E, mes deux grandes amies d’études qui m’ont accompagnée contre vents et marées à travers mon cursus universitaire.

Elles ont dit oui. Et puis on en a plus jamais vraiment reparlé, trop occupées par nos projets, nos études, et notre mémoire de fin d’année. Mais j’ai mis, toute l’année durant, mes petits sous de côté. J’avais même décroché un job étudiant pour renflouer mon compte en banque. Deux semaines avant le départ, E. nous a annoncé qu’elle avait trouvé du travail. Impossible donc pour elle de prendre 1 mois de congé alors qu’elle venait juste d’être recrutée. Normal. Un peu triste aussi, mais c’est la vie.

On a donc commandé deux tickets pour un Interrail de 30 jours avec A., on a vaguement revu l’itinéraire prévu 8 mois plus tôt, et on s’est entendu sur ce qu’on allait emporter dans notre sac à dos. Aussi simple que ça !

En 1 mois, on a fait :

  • Prague, en République Tchèque : 4 trains pour y arriver, 3 jours de citytrip sur place ;
  • Bled, en Slovénie : 4 trains pour y arriver et 3 jours en pleine nature dans un "bled" paumé à faire des jeux de mots pourris toutes les 5 minutes (forcément) ;
  • Ljubljana, toujours en Slovénie : 1 train pour y arriver, et petite visite éclair de la capitale ;
  • Split, en Croatie : 2 trains pour y arriver, avec une petite escale de quelques heures à Zagreb ;
  • Komiza en Croatie : un ferry + un bus, pour rejoindre un festival de rêve de 5 jours sur l’île de Vis ;
  • Budapest, en Hongrie : 2 trains pour y arriver, et 4 jours de repos intense, de flânerie et de thermes ;
  • Bratislava, en Slovaquie : 1 train pour y arriver, et 3 jours rock’n’roll sur place ;
  • Vienne, en Autriche : 1 train pour y arriver, et 3 jours sur place pour clôturer l’Interrail.

Au total : 17 trains (dont 3 de nuit), 7 bus, 2 ferrys, 1 festival, et 6 pays différents pour un budget total de 1500€ par personne. Et bien sûr, un nombre incalculables d’heures à dormir dans le train, à rire, à s’émerveiller du paysage qui défile, à savourer la découverte des us et coutumes d’un nouvel endroit, à rencontrer de belles personnes et à profiter de la liberté.

Forcément, ça laisse de beaux souvenirs. En voici deux en particulier qui restent gravés dans ma mémoire :

Notre arrivée en Croatie au petit matin

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© Lucy Dricot

Après Prague et Bled, nous avons pris la direction du Sud pour rejoindre des potes en Croatie, où nous avions prévu d’aller au Goulash Disko Festival.

Le trajet était très long. Je me souviens, on a démarré sous la pluie de Bled vers 10h, sac à dos humide sur nos épaules, on avait froid. Après plusieurs heures de train, on a fait une petite escale pour visiter Ljubljana sous un ciel gris, avant de remonter dans un deuxième train qui a filé droit sur Zagreb. Quand on est descendue du train vers 23h, on a senti que la ville avait chauffé au soleil et que l’air était différent. Ça sentait le Sud ! Mais on ne s’est pas attardée parce qu’on avait deux heures top chrono pour manger, prendre une petite douche rapide dans les sanitaires de la gare (qui étaient tenus par une petite vieille ultra-sympathique qui fumait clope sur clope) et attraper le train de nuit qui traversait toute la Croatie pour nous déposer à Split, lieu de rendez-vous prévu avec nos amis pour rejoindre ensuite le festival qui se tenait sur la petite île de Vis.

On s’était confortablement installée dans notre compartiment pour la nuit, et on avait mis nos réveils à 6h (notre arrivée à Split étant prévue à 7h).

Et quel spectacle au réveil ! Rien qu’on n’ait pu imaginer ne récompensait plus ces longues 24h de trajet : le Sud dans toute sa splendeur, baigné dans la lumière du matin, le train filant à travers les champs brûlés par l’été, avec la mer au loin.

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© Lucy Dricot
© Lucy Dricot

On n'en pouvait plus de bonheur et on a passé la dernière heure du trajet la tête par la fenêtre, à rire comme des enfants, et à savourer l’air déjà chaud des premières heures de cette journée qui s’annonçait magnifique.

Bratislava : un épisode rock’n’roll !

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© Lucy Dricot

Après avoir passé une semaine à se dorer la pilule et à faire la fête sur l’île de Vis, puis s’être reposées dans les thermes de Budapest, nous sommes allées à Bratislava, en Slovaquie. On n’attendait pas grand-chose de cette toute petite capitale, on avait surtout un peu peur d’en faire trop vite le tour et de s’y ennuyer. Comme d’habitude, on avait fait la réservation de l’auberge de jeunesse dans le train, en y allant au pif.

Quand nous sommes arrivées, il était déjà près de 23h. L’auberge était grande ouverte, les lumières toutes allumées, mais la réception et les chambres étaient vides, bien qu’on entende de la musique au loin. Ce qui n’a pas manqué de nous surprendre. Habituellement à cette heure, la plupart des auberges dans lesquelles nous étions allées étaient calmes et les résidents dormaient déjà.

Quand le réceptionniste de l’auberge est finalement arrivé, il a jeté nos sacs sur les lits qui nous étaient attribués en nous expliquant avoir la flemme de clôturer notre réservation : "On fera ça demain, allez, venez, on fait la fête dans le grenier !". Le dernier étage de l’auberge était en effet rempli de jeunes voyageurs : certains jouaient à des jeux de société, d’autres discutaient, certains dansaient et il y en avait même qui se faisaient tatouer gratuitement par un membre du staff qui avait été tatoueur dans une autre vie (oui oui !).

On a passé là les trois jours les plus rock’n’roll de notre Interrail, entre visite urbex d’un hôpital abandonné, fêtes dans les caves de Bratislava et dans le grenier de l’auberge, rencontres avec des voyageurs du monde entier, et visite de cette jeune capitale chargée d’histoire qui paraît calme en apparence… mais qui déménage lorsqu’on sait où aller !

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© Lucy Dricot
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© Lucy Dricot
© Lucy Dricot

Et puis nous avons clôturé notre Interrail par Vienne, qui nous a semblé noble et chère, mais qui a parfaitement fait la transition entre l’Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest, pour un retour en douceur vers Bruxelles quelques jours plus tard (on a quand même raté le dernier train, alors qu’on en avait jamais loupé en 1 mois !).