Le secteur de la croisière défend sa transition énergétique

Le secteur de la croisière défend sa transition énergétique.
Le secteur de la croisière défend sa transition énergétique. - © Rashmi Nandish / EyeEm - Getty Images/EyeEm

Le secteur de la croisière, régulièrement attaqué sur son impact environnemental, veut mettre en avant ses innovations pour moins polluer, alors que les paquebots propulsés au gaz naturel liquéfié (GNL) vont monter en puissance ces prochaines années.

Un carburant moins polluant

Actuellement, 26 paquebots destinés à être propulsés au GNL (gaz naturel liquéfié) sont en construction ou en commande ferme dans les chantiers navals, soit 44% de l'ensemble des navires en projet dans le monde.

Le GNL, carburant qui n'émet pas de dioxyde de soufre, réduit jusqu'à 20% les émissions de CO2, et de plus de 95% les particules fines, selon le groupe Costa.

Au 1er janvier 2020, la teneur en soufre des carburants marins a été limitée à 0,5%, contre 3,5% auparavant, par l'Organisation maritime internationale.

"Le GNL n'est qu'une technologie parmi d'autres pour améliorer l'existant, ou à tester sur ce qui se construit, comme les piles à combustible" pour stocker l'énergie, renchérit Erminio Eschena, président de Clia France.

Les croisiéristes se défendent

"Nos bateaux sont déjà 100% autosuffisants en eau grâce à des usines de désalinisation à bord. Toute la nourriture est pesée, les déchets sont triés à bord. Et les repas non servis sont débarqués lors des escales pour les banques alimentaires: 160.000 repas ont été distribués depuis fin 2017", renchérit Georges Azouze, président de Costa France.

L'industrie de la croisière rappelle également que le transport maritime dans son ensemble n'est responsable que de 2 à 3% des émissions de CO2, alors qu'il assure plus de 85% du commerce mondial.

De son côté, l'ONG Transport & Environment affirme que la compagnie américaine Carnival (leader du marché, qui détient notamment Costa) a émis à elle seule en 2017 dix fois plus d'oxyde de soufre autour des côtes européennes que l'ensemble des 260 millions de véhicules du parc européen.

Les équipements portuaires à la traîne?

Mais les professionnels de la croisière ne veulent pas être les seuls à porter les efforts vers la transition écologique: "Si on a des paquebots au GNL, il faut pouvoir les approvisionner", relève Erminio Eschena, président de Clia et également représentant du croisiériste MSC. Il pointe également le manque de prises d'électricité dans les ports, qui contraint les paquebots à laisser tourner leurs moteurs lors des escales pour permettre la vie à bord.

"Nos navires sont équipés depuis des années pour se brancher sur l'électricité à quai mais seuls 13 ports dans le monde proposent des branchements, et aucun en Europe".

Le même problème se pose pour l'approvisionnement en GNL: en Europe, "les barges spécifiques sont présentes uniquement à Barcelone, donc tous les quinze jours" le Costa Smeralda et l'Aida Nova, premier paquebot GNL lancé fin 2018, doivent s'y rendre pour faire le plein.

Le secteur de la croisière, en perpétuelle croissance, attend 32 millions de passagers en 2020.