La Mauritanie célèbre ses cités caravanières pour faire revenir les touristes

La Mauritanie célèbre ses cités caravanières pour faire revenir les touristes.
La Mauritanie célèbre ses cités caravanières pour faire revenir les touristes. - © HomoCosmicos/IStock.com

La Mauritanie organise jusqu’à samedi, en plein désert, son Festival des Villes anciennes, censé faire revenir les touristes étrangers, que les attaques jihadistes et les enlèvements ont détournés pendant des années de ce pays désertique et pauvre.

Foyers de rayonnement culturel

Le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a inauguré dimanche à Chinguetti (centre) cet évènement qui tourne chaque année entre cette cité et trois autres villes anciennes (Ouadane, Oualata, Tichitt). Spectacles de troupes artistiques venues de Mauritanie, de France, d’Espagne, du Sénégal, du Mali et du Maghreb, conférences, expositions et courses de chameaux et de chevaux figurent au programme.

Erigés au 11ème et 12ème siècles sur le trajet des caravanes traversant le Sahara, ces centres marchands sont devenus des foyers de rayonnement culturel et islamique.

C’est à ce titre qu’ils ont été inscrits en 1996 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. "Les populations de cette ville ont pu, grâce à leur savoir, à leur perspicacité et leur haute ambition, en faire, durant des époques successives, un minaret pour la science, un point de départ pour le pèlerinage, une forteresse pour le djihad et un centre actif pour les échanges commerciaux", a dit le président mauritanien en présence de dizaines de touristes.

Des relations historiques avec la France

Près de 200 touristes sont arrivés dans la zone, à plusieurs centaines de kilomètres au nord de la capitale Nouakchott, depuis l’ouverture de la saison touristique début octobre, selon des chiffres officiels.

Ils reviennent après l’assouplissement de la position de la France, qui a allégé en 2017 ses restrictions de voyage pour plusieurs zones de la Mauritanie, classées "rouge" après la vague d’attentats et d’enlèvements ayant frappé le pays dans les années 2000, notamment l’assassinat, revendiqué par Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), de quatre touristes français à Aleg (sud) en 2007.

La France fournissait une grande partie des touristes en raison des liens historiques avec l’ancienne colonie. Quelque 6.000 visiteurs étrangers, selon des promoteurs touristiques, sont attendus cette année en Mauritanie, où aucun attentat n’a été commis depuis 2011.

La Mauritanie a engagé une politique volontariste pour sécuriser son territoire.

Pour ce faire, elle a remis sur pied son armée, renforcé la surveillance et favorisé le développement des zones reculées, en particulier aux abords du Mali, en proie aux agissements jihadistes.

Cependant, une large moitié orientale de la Mauritanie reste en zone rouge, où la France déconseille formellement de se rendre et où se trouve Oualata. La situation au Sahel et en particulier au Mali "expose le territoire mauritanien à des risques d’infiltration de groupes hostiles. Aqmi continue de menacer les intérêts et les ressortissants français dans tout le Sahel, y compris en Mauritanie", met en garde le ministère français des Affaires étrangères.