L'Unesco veut préserver les traditions musicales des peuples du monde

L'Unesco veut préserver les traditions musicales des peuples du monde
L'Unesco veut préserver les traditions musicales des peuples du monde - © ©iStock/landschaftsfoto/Wolfgang Schroetter

Chants, poèmes, instruments... Le Comité pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco vient d'intégrer cinq nouveaux éléments, tous distinctifs de l'identité d'un peuple qui utilise la musique et les autres pendants de la culture dans ses traditions. Sont concernés la Colombie, le Portugal, la Mongolie, l'ex-République yougoslave de Macédoine et l'Ouganda.

Particularité de cette inscription, l'Unesco a classé ces nouveaux éléments sur la liste du patrimoine immatériel "nécessitant une sauvegarde urgente". Aujourd'hui, 43 items sont concernés.

 

La musique traditionnelle, à préserver à tout prix

Les cinq pays à avoir bénéficié de l'accord de l'Unesco ont tous pour point commun d'utiliser la musique comme vecteur de transmission. La Colombie est parvenue à démontrer l'importance du traditionnel vallenato de la région du Magdalena Grande, aujourd'hui menacée. Cette musique est "née de la fusion entre les expressions culturelles de Colombie du Nord, les chansons d'éleveurs de vaches de la Magdalena Grande, les chants d'esclaves africains, la poésie espagnole, les danses traditionnelles des peuples autochtones de la Sierra Nevada de Santa Marta et les instruments de musique européens". Ellee est entonnée dans la rue lors de festivals et de "parrandas", qui réunissent amis et famille.

De son côté, le Portugal s'inscrit dans la même tradition musicale à travers la fabrication de ses sonnailles, désormais préservées. Cet instrument de percussion, utilisé par les bergers pour rassembler leur troupeau, se transmet de père en fils. "Toutefois, cette tradition tend à disparaître : elle devient non viable en raison des nouvelles méthodes de pacage, des techniques industrielles plus abordables et de la diminution du nombre de sonnaillers", alerte l'Unesco.

En Mongolie aussi, les notes de musique permettent de travailler. L'Unesco a décidé de préserver ce rituel qui consiste à amadouer et aider les chamelles à accepter leurs nouveau-nés. Le peuple mongol utilise violon ou flûte pour calmer les animaux. "Ce rituel est important pour maintenir les liens communautaires, mais est menacé par l'exode rural et l'utilisation accrue des moyens de transport modernes", souligne l'organisme international.

 

Le chant, comme identité d'un peuple

La musique adoucit aussi les moeurs en ex-République yougoslave de Macédoine, où sont interprétés des chants d'hommes à deux voix, dans la région du Bas-Polog. Le glasoechko est entonné lors de fêtes, de rassemblements, de mariages, de repas festifs et d'autres formes de rencontres sociales.

En Ouganda, la tradition orale koogere associe les chants aux récits et aux poèmes. Elle permet de garder en vie la mémoire collective des communautés Basongora, Banyabindi et Batooro.

En marge de cette liste, l'Unesco a également inscrit sur la liste représentative du patrimoine immatériel de l'humanité trois nouveaux éléments : le sbuâ en Algérie, le pèlerinage annuel des communautés zénètes dans le Sahara, les fêtes du solstice d'été dans les Pyrénées en Andorre, en France et en Espagne, ainsi que le filete porteño de Buenos Aires, une technique argentine de peinture traditionnelle.

 

RTBF TENDANCE avec AFP