L'empreinte carbone du tourisme mondial serait largement sous-estimée

Les touristes en vacances aux Maldives ont une importante empreinte carbone
Les touristes en vacances aux Maldives ont une importante empreinte carbone - © PhotoTalk - Getty Images

Le tourisme mondial est responsable d'environ 8% des émissions de gaz à effet de serre, soit quatre fois plus que ce que l'on estimait précédemment, comme le montre une nouvelle étude.

 

Les résultats, relayés par la revue "Nature Climate Change", montrent que l'impact environnemental des voyageurs (surtout les plus argentés) a été largement sous-estimé ces dernières années. 

Contrairement à des recherches précédentes qui évaluaient l'empreinte carbone du tourisme en ne prenant en compte que les transports (surtout aérien), une équipe de chercheurs d'Australie et de Taiwan a adopté une approche plus complète en évaluant tout le "cycle de vie" d'un touriste, en prenant aussi en compte ses repas, ses logements et ses courses

 

Après avoir analysé les activités touristiques dans 160 pays entre 2009 et 2013, les chercheurs ont estimé que l'empreinte écologique du tourisme mondial était passée de 3,9 à 4,5 de gigatonnes équivalent de CO2, soit environ quatre fois plus que les estimations précédentes. 

Les chercheurs ont aussi montré que les voyageurs les plus aisés, ceux plus susceptibles de prendre l'avion et d'enregistrer de fortes dépenses en biens et en services, laissaient une plus importante empreinte carbone derrière eux que les voyageurs à petit budget. 

En première position des voyageurs les plus pollueurs, on trouve les Américains, suivis des Chinois, des Allemands, des Indiens et des Mexicains, surtout au cours de voyages domestiques. 

 

Les petites îles comme les Maldives, Maurice, Chypre et les Seychelles enregistrent les empreintes carbone touristiques par personne les plus importantes au monde, le tourisme international représentant entre 30 et 80% des émissions nationales, ce qui entraîne un dilemme pour les autorités locales, comme le note le rapport. 

"Les destinations insulaires doivent faire face à un énorme fardeau écologique supplémentaire comme elles accueillent un nombre significatif de touristes étrangers. Ces îles tirent largement profit de l'apport des dépenses touristiques: leurs gouvernements doivent donc relever le défi de savoir comment imposer des stratégies de limitation nationale sans pour autant réduire les revenus découlant du tourisme". 

 

Le rapport a aussi montré que les Canadiens, les Suisses, les Hollandais, les Danois et les Norvégiens en voyage laissent une plus importante empreinte carbone derrière eux dans les pays qu'ils visitent en comparaison avec les touristes qui viennent visiter leurs pays.

Etant donné que le tourisme mondial devrait augmenter de 4% après 2025, les chercheurs soulignent la nécessité de réguler et de limiter les émissions de CO2 en lien avec le tourisme en recourant peut-être aux taxes carbone ou à des systèmes de rachat et de compensation d'émissions.