1.150 km en solitaire, sans assistance et sans ravitaillement pour rejoindre le pôle Sud… L'exploit de Matthieu Tordeur

En 51 jours, il est devenu le seul Français et le plus jeune explorateur à avoir accompli cette performance.

 

Matthieu Tordeur, un Normand âgé de 27 ans, est devenu le premier Français et le plus jeune aventurier au monde à réussir une expédition de la côte du continent Antarctique jusqu'au pôle Sud. Il a parcouru ce long chemin seul et sans la moindre assistance.
Le jeune téméraire était donc "sans voile de traction, sans chien de traineau, sans véhicule à moteur" et a uniquement fait usage de la force de ses jambes. "J’étais à ski et en autonomie totale, je tirais un grand traineau avec tout ce dont j'avais besoin pour survivre et il n'y avait pas de nourriture qui avait été déposée sur la route par un avion ou par d'autres personnes", raconte Matthieu Tordeur.

 

Des conditions extrêmes

Matthieu raconte qu'en cas de problème, les situations peuvent "rapidement dégénérer". Un avion pouvait lui porter secours en cas de force majeure mais avec le risque que la météo soit une entrave à cette aide minime. "Les secours sont relatifs", explique-t-il.
Crevasses, vent important, froid extrême… Ces nombreux facteurs rendent certains moments "assez intenses". S'ajoutent à cela des "conditions de vie spartiates": "On vit dans une tente, accroupi. On n'a pas de douche, on n'a pas d'eau potable. On n'a pas d'eau courante", raconte-t-il.

 

De la solitude pour faire le point

Pourtant, Matthieu Tordeur n'a pas renoncé face aux contraintes. Les moments de solitude, le vingtenaire a fait en sorte de les transformer en un temps précieux de réflexion pour "faire un petit point", pour "penser à des choses auxquelles on ne pourrait pas forcément penser dans nos vies très rythmées, très remplies de citadins". "Où est-ce qu'on a envie d'aller? Quels sont les choix de vie qu'on a envie de faire?", sont autant de questions que le jeune homme a pu se poser à un tournant de sa vie.
Mais l'aventurier n'a pas la prétention de dire qu'il faille nécessairement dépasser de telles limites pour faire le point sur soi, sur sa perception de la vie. "L'aventure n'est pas forcément géographique", commente-t-il.