Nukutepipi, l'atoll polynésien presque vierge devenu paradis pour milliardaires

Nukutepipi offre d'interminables plages de sable blanc, un lagon turquoise et un climat tropical.
Nukutepipi offre d'interminables plages de sable blanc, un lagon turquoise et un climat tropical. - © Mike LEYRAL/AFP

Forêt primaire, quasi-autonomie alimentaire et même un studio d'enregistrement dernier cri. Le fondateur du Cirque du Soleil a réalisé son rêve: transformer son atoll polynésien presque vierge, Nukutepipi, en destination luxueuse pour milliardaires.

 

Comme partout aux Tuamotu, l'un des cinq archipels de Polynésie française, Nukutepipi offre d'interminables plages de sable blanc, un lagon turquoise et un climat tropical.

Mais il dispose aussi d'autres avantages naturels. D'abord une lentille d'eau douce sous l'atoll. Ensuite l'absence des parasites qui foisonnent sur d'autres îles: à Nukutepipi, il n'y a ni rats ni moustiques. Des équipes de scientifiques veillent à en préserver l'atoll.

L'atoll, situé à 1 heure d'avion de Papeete, tend vers l'autonomie alimentaire, avec de nombreuses plantations locales, et énergétique, avec des panneaux solaires.

Pas d'or ni de marbre: le luxe, ici, c'est l'isolement dans une nature préservée.

Nukutepipi est l'un des rares atolls à disposer d'une forêt primaire, les autres atolls étant surtout couverts de cocotiers. Les paille-en-queue (oiseaux blancs au bec rouge) y nichent à même le sol, sans crainte de l'homme, et les frégates y sont nombreuses.

 

A l'origine, il s'agissait d'un rêve personnel, ouvert depuis quelques jours à la location. "J'aime bien penser que partager les trésors, ça fait partie des plaisirs de la vie", a expliqué Guy Laliberté, un Canadien co-fondateur en 1984 du Cirque du Soleil et devenu milliardaire.

Le paradis se loue 900.000 euros la semaine pour l'ensemble de l'atoll et ses 16 villas, avec 120 employés à disposition. Jusqu'à 52 invités peuvent être accueillis.

Les villas aux tons neutres sont discrètes parmi la végétation. Ce qui surprend le plus, ce sont les œuvres disposées un peu partout. Des tableaux, des sculptures, de l'art contemporain ou d'inspiration polynésienne, et même une cathédrale en métal rouillé, un édifice de neuf mètres de haut qui confère une atmosphère étrange aux soirées insulaires.

 

Studio dernier cri

Car Guy Laliberté a le sens de la fête: ce DJ aime passer derrière les platines et faire vibrer les enceintes, que son ingénieur du son affirme prévues pour des concerts de 4.000 personnes. Un paradoxe dans cet îlot préservé.

Mais il n'y en aura jamais plus de 200 personnes sur l'atoll, promet le milliardaire, qui s'est aussi fait construire un studio dernier cri, pour inviter des musiciens à enregistrer leurs compositions. Des stars ont déjà fait part de leur intérêt, selon M. Laliberté, mais leurs noms restent confidentiels.

L'atoll dispose aussi d'un terrain de tennis, d'un mini-golf, d'un cinéma et d'un dôme d'observation astronomique.

L'ensemble des constructions a coûté plus de 100 millions d'euros, selon le service de communication du milliardaire.

Et ce n'est pas fini : Guy Laliberté veut transformer son atoll en musée géant des tikis, ces statues polynésiennes sacrées, détruites par les missionnaires lors de la colonisation. Dans un environnement sans pesticides, il souhaite aussi "faire des croisements d'abeilles pour trouver des solutions génétiques pour contribuer à préserver les abeilles dans le monde".

 

Le tarif annoncé ne comprend pas les taxes (5% pour le service, 5% de TVA) ni l'avion (il n'y a pas de ferry): depuis Papeete, il faut demander un charter à la compagnie locale Air Tahiti. La société SPM, qui gère la location de l'atoll, reconnaît n'avoir encore aucune réservation et en espère seulement quelques semaines par an.

De l'autre côté de l'atoll, d'énormes blocs de corail échoués montrent que tout ici est éphémère. Une tempête les a déplacés sur le récif. Guy Laliberté le sait: un cyclone pourrait, en quelques heures, rendre à l'atoll sa forme originelle.