L'Unesco va réhabiliter le patrimoine de Bandiagara, victime du conflit au Mali

Au Mali, la "Falaise de Bandiagara" abrite 289 villages répartis sur 400.000 hectares, entre plateau et plaines.
Au Mali, la "Falaise de Bandiagara" abrite 289 villages répartis sur 400.000 hectares, entre plateau et plaines. - © FRANCOIS XAVIER MARIT/AFP

L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) a annoncé la réhabilitation du patrimoine de Bandiagara, en partie détruit par le conflit qui fait rage dans le centre du Mali.

La crise sécuritaire malienne a provoqué la destruction totale ou partielle de près de 30 villages, localisés pour moitié sur le site de la "Falaise de Bandiagara", classé au patrimoine mondial de l’Humanité, dans la région de Mopti.

Une région en proie au djihadisme et aux conflits communautaires

Le centre du Mali est le théâtre d’un grand nombre de violences depuis 2015 et l’apparition d’un groupe djihadiste emmené par le prédicateur peul Amadou Koufa, qui a largement recruté parmi sa communauté, et a rejoint le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance jihadiste du Sahel affiliée à Al-Qaïda.

Les attaques, souvent suivies de représailles, ont pris une tournure intercommunautaire entre les Peuls, majoritairement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, qui pratiquent essentiellement l’agriculture.

Sept personnes ont été tuées mi-juillet, de même qu’au moins quatre en juin et douze fin avril dans l’attaque de plusieurs villages de la commune de Sangha, à une trentaine de kilomètres de Bandiagara, l’une des principales villes de la région.

Promouvoir la culture pour favoriser la paix

Le projet de l’Unesco, financé à hauteur d’un million de dollars par l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones de conflit (ALIPH), vise à réhabiliter "les logements, les greniers et des sites consacrés à la culture traditionnelle", a précisé l’organisation.

Il entend notamment restaurer des traditions culturelles telles que rites funéraires et danses masquées, bousculées par les tensions intercommunautaires de ces dernières années, et contribuer ainsi "à renforcer le tissu social et la paix entre les communautés du pays Dogon", relève l’Unesco. La "Falaise de Bandiagara" abrite 289 villages répartis sur 400.000 hectares, entre plateau et plaines.

Les communautés entretiennent une relation très étroite avec leur environnement, qui s’exprime par des rituels et des traditions sacrés, selon l’Unesco.

Les activités génératrices de revenus pour les femmes seront aussi au cœur du projet de l’Unesco dans le contexte difficile de la pandémie de Covid-19, poursuit l’organisation.

"La culture n’est pas seulement trop souvent victime de conflits armés prolongés, elle est aussi une source essentielle de résilience et un fondement important pour la construction de la paix", a souligné la Directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay.