Ksar Tafilelt, une ville aux portes du Sahara modèle d'écocitoyenneté

Cette ville algérienne a gagné le premier prix dans la catégorie ville durable lors de la COP22.

 

Il y a 20 ans, Ksar Tafilelt n’existait pas. Aujourd’hui, cette ville algérienne est considérée comme avant-gardiste. Et pour cause. Ksar Tafilelt est un véritable modèle d’écocitoyenneté. En arrivant dans la ville, ses habitants doivent signer une charte dans laquelle ils s’engagent à respecter les règles de savoir-vivre, de propreté et promettent de prêter main-forte pour certains travaux collectifs.

 

Un modèle ancestral

Adaptée à la vie du désert, l’architecture ksourienne - sur laquelle est basée Ksar Tafilelt - est inspirée de techniques ancestrales, comme l’explique Ahmed Nouh, l’initiateur du projet. "Il ne faut pas oublier que nous sommes en plein Sahara, donc il faut qu’il y ait des ruelles étroites pour casser les vents dominants et les vents de sable." Ici, pas de béton mais de la pierre, du plâtre et de la chaux. Des matériaux locaux bon marché mais surtout d’excellents isolants. Les bâtiments ne peuvent pas dépasser les 7,60 mètres et ne doivent pas faire d’ombre aux habitants voisins.

 

… et écolo

L’architecture prend également en compte la gestion des ressources naturelles depuis plusieurs siècles. "On ne fait que perpétuer la vision de nos ancêtres", explique Seddik Karim. "Donc respecter la nature et lui donner son droit." Ici, 50% des eaux usées sont traitées par épuration biologique, les déchets sont triés et une partie de l’éclairage provient de l’énergie solaire. Dans un écoparc situé à l’extérieur de la ville, chaque habitant doit planter 3 arbres et l’entretenir selon les règles de l’agriculture biologique. Ce parc abrite plusieurs espèces d’animaux comme des chèvres, des paons et des singes, nourris aux déchets organiques. L’objectif: sensibiliser les plus jeunes aux enjeux de l’écologie. En 2016, la ville a remporté le premier prix dans la catégorie ville durable lors de la COP22.