Gibraltar devenue une "oasis" grâce à une vaccination massive

Cuisiner espagnol, Rafael Cordon vient tous les jours travailler dans ce petit territoire de près de 34.000 habitants situé à l’extrême sud de l’Espagne, où il a pu être vacciné, comme nombre de travailleurs transfrontaliers.

"C’est comme une oasis", s’enthousiasme cet homme de 63 ans, pour qui traverser la frontière revient "à passer d’un monde à l’autre".

En Espagne, où les restrictions sanitaires sont encore nombreuses, il dit se sentir "comme dans un aquarium avec des mouvements limités".

Un espace de liberté retrouvée au sud de l’Espagne

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Gibraltar devenue une "oasis" grâce à une vaccination massive © CRISTINA QUICLER - AFP

Grâce à l’avancée de la vaccination, depuis fin mars, les masques ne sont obligatoires à Gibraltar que dans les lieux publics fermés, les commerces et les transports en commun. Le couvre-feu fixé à minuit y a aussi été levé, relançant l’activité des bars et des restaurants, qui n’avaient rouvert leurs portes que le 1er mars après des mois de restrictions.

Jeudi, le chef du gouvernement de Gibraltar, Fabian Picardo, a même annoncé pour ce lundi la levée des règles limitant le nombre de convives pouvant s’asseoir à la même table dans un bar ou un restaurant ainsi que la fin, le 16 avril, de la limite de 16 personnes pouvant se réunir.


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Cette levée des restrictions a enfin permis à Cristine Parody de célébrer Pâques "comme il se doit" avec ses filles et ses petits-enfants, qui n’avaient pu être avec elle pour Noël et pour son 65e anniversaire. "C’était merveilleux de pouvoir se retrouver", confie-t-elle dans la rue principale de Gibraltar, désormais bondée et où les promeneurs ne portent que rarement le masque.

85% de la population est vaccinée

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Gibraltar devenue une "oasis" grâce à une vaccination massive © CRISTINA QUICLER - AFP

A Gibraltar, où 94 personnes sont mortes en raison de la pandémie et où 4300 cas ont été recensés sur près de 34.000 habitants, aucun malade du Covid-19 n’a été hospitalisé depuis plus de deux semaines grâce à la vaccination.

Baptisée "Opération liberté", la campagne de vaccination a permis d’immuniser 85% de la population du "Rocher" depuis son démarrage en janvier, à l’heure où l’Union Européenne est à la traîne. Plus de la moitié des quelque 15.000 travailleurs venant tous les jours d’Espagne ont par ailleurs déjà reçu l’une des deux doses requises.

"C’est un énorme soulagement", se félicite la ministre de la Santé Samantha Sacramento.

Elle attribue la rapidité de la campagne à la petite taille de Gibraltar et à l’approvisionnement régulier du territoire en vaccins par le Royaume-Uni.

"Pendant les premières semaines, nous avons vacciné sept jours sur sept. C’était littéralement comme sur un tapis roulant", ajoute la seule femme du gouvernement de Gibraltar.

Le personnel hospitalier, les résidents et le personnel des maisons de retraite ont été les premiers à être vaccinés. Puis un centre de vaccination a été installé au-dessus d’une galerie marchande pour vacciner le grand public.

Un flot continu de personnes continue d’y défiler. Après avoir fait contrôler leur température à l’entrée, les habitants sont rapidement dirigés vers l’un des 14 points de vaccination et ressortent au bout d’une vingtaine de minutes.

Le "sauf-conduit vaccinal" a permis la reprise des activités

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Gibraltar devenue une "oasis" grâce à une vaccination massive © CRISTINA QUICLER - AFP

Après avoir reçu les deux doses, les personnes vaccinées obtiennent une sorte de "passeport de vaccination" qui leur permet de participer à des rassemblements ou de voyager.

La semaine dernière, le Victoria Stadium de Gibraltar a ainsi ouvert ses portes à 600 personnes vaccinées pour la rencontre entre l’équipe du territoire et les Pays-Bas comptant pour les qualifications pour la Coupe du Monde.

Environ 500 spectateurs ont également assisté à un match de boxe de la catégorie poids lourds le 27 mars au Europa Sports Complex. Les participants de ces deux événements devaient également être testés négatifs le jour même.

Et rêvant d’une cerise sur le gâteau, Gino Jiménez, directeur d’une association de restaurateurs, espère que la musique live pourra bientôt faire son retour dans les bars et les restaurants.