Au Portugal, deux des plus grands carillons du monde retrouvent de la voix

Au Portugal, deux des plus grands carillons du monde retrouvent de la voix.
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Au Portugal, deux des plus grands carillons du monde retrouvent de la voix. - © PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP

Les 98 cloches des carillons de la basilique du Palais de Mafra, monument baroque érigé au 18ème siècle par le roi Jean V du Portugal, ont résonné dimanche au terme d'une année et demie de rénovation.

20 ans de silence

Les mélodies de ces carillons n'avaient plus retenti depuis le 11 septembre 2001 dans les tours de cette vaste bâtisse de marbre située à 25 km au nord de Lisbonne.

Les 2 carillons, avec au total 98 cloches pesant entre 15 kg et plus de 9 tonnes, étaient jusque-là trop dégradés pour être joués sans causer de dommages irréversibles.

A l'occasion du concert inaugural en ce dimanche après-midi ensoleillé, des milliers de curieux s'étaient massés sur l'esplanade du palais pour écouter les sonorités particulières des carillons et apprécier les costumes dans le style du XVIIIe siècle des figurants.

Fabriqués en Belgique

A l'instar du château de Versailles près de Paris, du palais de l'Escorial de Madrid ou celui de Schönbrunn à Vienne, Mafra a été érigé par un monarque qui voulait étaler son pouvoir et sa richesse.

Le roi Jean V commanda les 2 carillons en Belgique, l'un à Liège, l'autre à Anvers. Il les fit hisser en 1730 dans ce complexe architectural classé au patrimoine mondial de l'Unesco.

La rénovation des carillons parachève celle de cet ensemble architectural, qui comprend un palais royal, la basilique, un couvent, un jardin, un domaine de chasse et une impressionnante bibliothèque comptant quelque 36.000 volumes rares.

Sa construction sur trois décennies a été financée par l'or du Brésil, joyau du vaste empire colonial portugais qui touchait alors à sa fin. Son déclin sera précipité notamment par le tremblement de terre qui a dévasté Lisbonne en 1755.

"Le Dieu Manchot"

L'écrivain portugais José Saramago, prix Nobel de littérature 1998, a consacré à l'histoire de ce monument un de ses romans les plus populaires, "Le Dieu Manchot", paru en 1982.

L'auteur y rappelle que le roi Jean V avait fait le vœu de construire le palais si la reine Marie-Anne d'Autriche lui donnait un héritier.

Il s'est également intéressé au triste sort réservé aux quelque 52.000 ouvriers qui l'ont érigé, dénonçant au passage l'hypocrisie de la foi catholique d'un monarque mégalomane.

Mafra a également servi de décor au film "La Reine Margot" de Patrice Chéreau, primé à Cannes en 1994.