Au Mali, le tombeau des Askia, patrimoine mondial, va être réhabilité

Au Mali, le tombeau des Askia, patrimoine mondial, va être réhabilité
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Au Mali, le tombeau des Askia, patrimoine mondial, va être réhabilité - © Joël SAGET/AFP

Le tombeau des Askia à Gao (nord-est), un des quatre sites au Mali inscrits au patrimoine de l’Unesco, va être réhabilité, ont indiqué hier les autorités maliennes et une organisation de sauvegarde des monuments en zone de conflit.

Vestige d’un glorieux empire

Le plan de réhabilitation, qui s’étend sur deux ans jusqu’en 2022, doit permettre de sauvegarder "un témoignage spectaculaire de la richesse du patrimoine malien", a déclaré Valéry Freland, directeur de l’Aliph, organisation qui finance à hauteur de 500.000 dollars le projet, en collaboration avec l’Etat malien.

Le site du tombeau des Askias, construit en terre en 1495 par l’empereur songhoy Askia Mohamed, comprend un tombeau pyramidal et une mosquée. Celle-ci, l’une des plus grandes de la ville, est encore utilisée par les habitants. L’ensemble constitue l’un des principaux héritages de la culture songhoy, dont le peuple régna sur un large empire ouest-africain entre les 15e et 16e siècles.

Le site ne présente pas de signe flagrant de dégradation mais le risque est structurel. "Il faut restaurer certains piliers, notamment", a déclaré le directeur du patrimoine malien lors d’une visite sur place. A cela doit s’ajouter une réfection du mur d’enceinte et de la mosquée attenante au tombeau, entre autres.

Sauvé de la menace djihadiste

Classé au patrimoine mondial en 2004, le site a été ajouté en 2012 sur la liste du patrimoine en péril, en raison du conflit armé qui commençait alors à affecter le Mali et qui se poursuit aujourd’hui.

Cette année-là, quand un groupe djihadiste avait occupé Gao pendant dix mois, la population de la ville s’était levée pour protéger ce patrimoine.

"Nous avons craint que les djihadistes fassent comme à Tombouctou", où ils avaient détruit plusieurs mausolées, explique Mahamane Hameye, membre de la société civile et parmi les fondateurs du mouvement des "Patriotes" qui défendit le tombeau. La menace djihadiste s’est éloignée du fait de la présence de forces maliennes, françaises et onusiennes.