Vol de brevets : Google contre-attaque Sonos

En janvier dernier, Sonos estimait que Google avait enfreint plusieurs de ses brevets, dont celui concernant la technologie Multiroom, permettant d'écouter de la musique simultanément sur plusieurs enceintes placées dans différentes pièces. 

L’attaque

Le 7 janvier 2020, Sonos avait donc décidé de passer à l'action, en attaquant Google en justice. L'entreprise réclamait des dédommagements financiers et l'interdiction de commercialiser des enceintes, des smartphones et des ordinateurs portables Google aux États-Unis. 

Dans un communiqué publié par le New York Times, Patrick Spence, PDG de Sonos, n'y allait pas de main morte : 

Google a copié de manière flagrante et en toute connaissance de cause notre technologie brevetée. Malgré nos efforts répétés et intensifs au cours des dernières années, Google n'a montré aucune volonté de travailler avec nous sur une solution qui aurait été mutuellement avantageuse. Nous n'avons eu d'autres choix pour nous défendre. 

Dans la plainte déposée auprès d'un tribunal californien, Sonos déclarait avoir partagé sa technologie avec Google en 2013, en vue d'une intégration avec le service de streaming Google Play Music. Mais deux ans plus tard, Google profitait de la technologie Sonos pour lancer son Chromecast Audio. Ce qui n'était qu'un début, selon Sonos.

"Le détournement par Google de la technologie brevetée de Sonos n'a fait que proliférer, puisque Google a étendu son système audio multiroom sans fil à plus d'une douzaine de produits différents, dont, par exemple, les Google Home Mini, Google Home , Google Home Max et les téléphones Pixel."

Et la contre-attaque

De son côté, Google avait évidemment réagi à la plainte, déclarant qu'au fil des ans, "nous avons eu de nombreuses conversations continues avec Sonos sur les droits de propriété intellectuelle des deux sociétés et nous sommes déçus que Sonos ait intenté ces poursuites au lieu de poursuivre les négociations de bonne foi. Nous allons contre ces accusations et nous nous défendrons avec vigueur."

Six mois plus tard, on peut dire que la firme de Mountain View a tenu ses promesses. En effet, Google a décidé de poursuivre à son tour Sonos et l’accuse d’avoir violé cinq brevets (concernant notamment le réseau utilisé par les enceintes, l’annulation de l’écho ou les notifications). 

Bien que Google poursuive rarement d’autres entreprises pour violation de brevets, elle doit faire valoir ses droits de propriété intellectuelle dans ce domaine”, explique le géant du web. Une défense à “contrecoeur”, selon Jose Castaneda, porte-parole de Google : “Google est fier de son partenariat de plus de cinq ans avec Sonos, et a travaillé de manière constructive avec Sonos pour faire fonctionner les produits des entreprises de manière transparente en créant des intégrations spéciales pour Sonos. (…) Nous sommes déçus que Sonos ait fait de fausses déclarations sur notre collaboration et notre technologie. Nous nous défendons à contrecœur en faisant valoir nos droits de brevet. Alors que nous cherchons à résoudre notre différend, nous continuerons à faire en sorte que nos clients communs aient la meilleure expérience possible de l’utilisation de nos produits.

Mais une défense qui passe mal du côté de Sonos : “Comme nous l'avons vu par le passé avec Eero, et comme nous l'avons vu récemment avec Zoom, Google ne semble pas avoir de honte de copier les innovations des petites entreprises américaines dans leurs tentatives d'étendre leurs monopoles de recherche et de publicité.

Bref, la suite au prochain épisode…