Parler : qu’est-ce que cette app a de plus que Twitter selon les supporters de Trump ?

Malgré la défaite de Donald Trump face à Joe Biden, les supporters du 45e président des États-Unis restent solidaires et tous unis derrière leur candidat. Et si Twitter et Facebook limitent les contenus haineux et conspirationnistes, les idées et convictions des supporters continuent de s’exprimer sur Parler, un réseau social qui fait la part belle à la droite dure. 

Impartialité et liberté d’expression

Lancé en 2018, Parler est un site (et une application) qui permet à ses utilisateurs de “Parler librement”. 

Exprimez-vous ouvertement, sans craindre d'être "déplatformé" par vos opinions”, peut-on lire sur la page d’accueil. “Échangez avec de vraies personnes, pas avec des robots. Parler est axé sur les personnes et la confidentialité, et vous donne les outils dont vous avez besoin pour organiser au mieux votre expérience.

Grâce à cette promesse, l’application se positionne rapidement au sommet des classements des applications “d’actualité” les plus téléchargées aux États-Unis, alors que le pays sous la présidence Trump est plus divisé que jamais. Pour tous ceux qui ne peuvent plus exprimer leurs avis racistes, homophobes, antisémites et xénophobes, Parler devient alors un nouveau terrain de jeu très peu contrôlé. 

Des célébrités très controversées

Parmi les utilisateurs les plus influents du réseau, on retrouve évidemment le clan Trump, de Donald à Ivanka, en passant les fils Éric et Don Jr. Ce dernier y publie des memes peu subtils : des moutons masqués d’un côté, des lions avec une casquette Make America Great Again de l’autre; ou des montages de “l’Amérique de Trump” toute souriante et celle de Biden, plongée dans le chaos.

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© Capture d'écran Parler
© Capture d'écran Parler

Parler compte également parmi ses utilisateurs Gavin McInnes, le fondateur des “Proud Boys”, une organisation américaine néo-fasciste n’acceptant que les hommes parmi ses membres (et souvent saluée par Donald Trump). Ainsi que plusieurs présentateurs de la chaîne Fox News(dont le très influent Sean Hannity) et d’autres personnalités pour le moins clivantes comme Alex Jones, Katie Hopkins et Laura Loomer.

Parler rassemble également plusieurs membres de la mouvance QAnon, une nébuleuse conspirationniste et complotiste. 

Une incitation à la haine permanente

Sur Parler, les blancs sont les grandes victimes. C’est en tout cas ce qu’affirme le hashtag “#WhiteGenocide”, qui recense un nombre incroyable de publications prônant la théorie du Grand Remplacement. 

Évidemment, les “ennemis” des utilisateurs de Parler sont connus : les juifs, les noirs, les médias et les personnes LGBTQ+. Ici, l’holocauste n’a jamais existé; le mouvement Black Lives Matter met en danger la population blanche américaine; et les LGBTQ+ veulent imposer leur mode de vie et leur “suprématie homosexuelle” à l’ensemble de la société.

Sur Parler, la Terre est plate, l’élection de Joe Biden était clairement truquée, et les vaccins sont à éviter de toute urgence. 

Autant de théories aussi fausses que dangereuses, que le réseau social condamne rarement. Les utilisateurs sont en effet très peu inquiétés par leurs propos, préférant se retrancher derrière le fameux premier amendement de la constitution américaine, qui garantit la liberté d’expression. 

Néanmoins, Parler interdit quand même les activités criminelles, le terrorisme, la pédopornographie, la violation des droits d’auteurs, la fraude et les spams. 

Et chez nous ?

Le Vlaams Belang possède un compte officiel, relativement peu alimenté en comparaison avec le compte Twitter du parti. Et les utilisateurs belges sont encore peu nombreux. Tout comme les hashtags “#Belgium” ou “sharia4belgium” qui ne comptent que quelques publications.

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© Capture d'écran Parler

Pourtant, l’application se place 41e du classement des applications d’actualité les plus téléchargées sur l’App Store, devançant des médias comme Het Belang van Limburg, Euronews, le magazine Humo ou l’application SudInfo du groupe Rossel. 

Difficile donc d’en tirer des conclusions. Il faudra surveiller l’évolution de Parler, à l’étranger et chez nous, dans les prochains mois pour savoir si l’application disparaîtra en même temps que la présidence Trump.