On a testé : LEGO Super Mario, un mariage qui surprend

Si LEGO n’est pas totalement étranger à l’univers du jeu vidéo, la collaboration avec Nintendo, annoncée en mars dernier, en a étonné plus d’un. En effet, il n’est pas question ici d’un jeu vidéo adapté d’une licence (LEGO Star Wars, LEGO Batman), ni d’un jeu vidéo utilisant de vraies figurines LEGO (comme l’expérience LEGO Dimensions) et encore moins d’une série de boites LEGO inspirées d’un jeu (comme la gamme Minecraft). 

Mario sort de l’écran

LEGO Super Mario créé en quelque sorte une nouvelle catégorie, à mi-chemin entre tout ce que le groupe danois a tenté jusqu’à présent. Imaginez Super Mario Maker, le jeu de Nintendo qui offre aux joueurs la possibilité de créer leurs propres niveaux, mais avec des briques physiques.

Concrètement LEGO Super Mario se compose d’un pack de départ, comprenant une figurine Mario dotée d’un écran LCD et d’un capteur placé sous ses pieds, lui permettant de reconnaître des surfaces (vert pour l’herbe, rouge pour la lave, bleu pour l’eau et jaune pour le sable) et des codes-barres.

Ensuite, le joueur assemble un " stage " classique de l’univers Super Mario, à l’aide des briques fournies et des instructions en 3D intégrées à l’application LEGO Super Mario (pratique, pour les plus petits, qui pourront mieux visualiser les différentes étapes de l’assemblage). Parmi les éléments proposés dans cette boîte de départ indispensable au bon fonctionnement de la gamme (c’est le seul moyen de mettre la main sur la figurine Mario), on retrouve une figurine d’un Goomba, un bloc " ? ", et une figurine de Bowser Jr.

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© LEGO

Ces ennemis et éléments tirés du jeu, qui disposent d’un code-barres unique permettant à la figurine Mario de les identifier et de jouer des animations sur l’écran LCD ou des sons appropriés, sont à placer sur un parcours, que le joueur assemble comme il le souhaite. Avec, cependant, deux règles à respecter : au départ, un tuyau verre signalant le début du jeu, et à l’arrivée, le drapeau de fin de stage.

60 secondes chrono

Ensuite, le joueur connecte en Bluetooth la figurine Mario à une tablette ou un smartphone et dispose de 60 secondes pour " terminer " le stage. Comment ? Simplement en tapotant la figurine sur chaque passage du parcours et en " sautant " sur les ennemis afin de les vaincre et de récupérer un maximum de pièces d’or (qui n’apparaissent pas physiquement sur le parcours, mais uniquement sur l’écran de la figurine Mario).

 

Et c’est là que le bât blesse. Si la qualité du matériel et de l’application qui accompagne la gamme est au rendez-vous (les personnages et décors du jeu sont parfaitement retranscrits, la figurine émet des sons qui feront craquer les nostalgiques), il faut bien avouer que du côté de la jouabilité, c’est très pauvre. 

Certes, on s’amuse, deux ou trois fois, en tentant de battre des records et en tentant de découvrir de nouveaux sons (Mario peut dormir quand il est allongé sur le dos, le laisser trop longtemps sur de la lave le fait mourir). Mais après quelques minutes, il faut se rendre à l’évidence : la gamme n’offre pas suffisamment de challenge pour justifier son prix. 

Pour quel public ?

C’est là le grand mystère de cette collaboration : à qui s’adresse cette gamme ? Aux trentenaires nostalgiques, qui ne tenteront pas de tapoter la figurine comme prévu par LEGO ou Nintendo ? Aux enfants, qui en 2020, ont déjà tous mis la main sur un smartphone ou une tablette et ne seront pas impressionnés par la technologie et les références auxquelles ils ne sont pas familiers ? Ou aux parents, qui veulent partager leur passion avec leurs enfants ? 

À vrai dire, peu importe la réponse. Cela ne change rien au fait que, si sur papier l’idée a de quoi séduire, le résultat n’est pas suffisamment à la hauteur pour justifier un achat.

D’autant que la gamme, comme tous les produits sous licence vendus par LEGO, est chère. 

LEGO invente le DLC physique

Comptez 60 euros pour le pack de départ, soit l’équivalent d’un vrai jeu vidéo, et de 19 à 99 euros pour les packs supplémentaires. Car oui, évidemment, LEGO et Nintendo ont pensé à tout, avec pas moins de 11 boîtes supplémentaires, dont le but et de pimenter un peu les sessions de jeu et agrandir le parcours. On y retrouve des boîtes inspirées de l’univers des Toad, une boîte mettant en avant le Roi Boo, un château proposant un boss de fin à savoir Bowser, ou encore une boite permettant d’affronter des plantes Piranha.

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S’ajoutent à ces 11 boîtes, quatre " costumes " pour la figurine Mario (une salopette, activant de nouvelles options, ainsi qu’une casquette adaptée) et une série de 10 ennemis à collectionner, mais vendus dans des sachets surprises, ce qui empêche d’éviter les doublons. 

Au total, la gamme complète coûte près de 600 euros. 

Oui, vous avez bien lu. 

Entre réussite et déception

Au final, on ne sait pas quoi penser de cette collaboration. D’un côté, le travail effectué par LEGO est admirable. L’univers du plombier est très fidèle aux jeux vidéos de la franchise. On sent que les concepteurs aiment le personnage de Nintendo et ont soigné les différents univers proposés dans les nombreuses boites commercialisées. La figurine de Mario est à la fois drôle et charmante, avec ses différentes animations, ses nombreux sons intégrés et les phrases cultes qu’elle prononce selon les situations. Pareil du côté de l’application, qui s’adapte aussi bien aux adultes qu’aux enfants. 

Mais comment passer au-dessus du manque de challenge apporté par cette débauche de technologie ? 

À moins qu’une V2 vienne ajouter de nouvelles fonctionnalités, la gamme LEGO Super Mario s’approche actuellement plus du gadget de luxe que d’une véritable expérience (vidéo)-ludique.

En ne s’adressant pas totalement aux plus petits, qui n’auront pas toutes les références, ni aux parents qui ne voudront sans doute pas dépenser 600 euros pour agrandir les stages de leurs enfants, ni aux AFOL (Adult Fans of LEGO, dont je fais partie) qui ne seront pas séduits par l’interactivité proposée, la gamme LEGO Super Mario n’a au final que très peu d’intérêt. 

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Pour les besoins de ce test, LEGO nous a fourni trois sets : le pack de départ (59,99 euros), l’extension " La maison de Mario et Yoshi " (29,99 euros) et " le costume de Mario hélice " (9,99 euros).