Google dévoile Stadia, son "Netflix du jeu vidéo"

Google dévoile Stadia, son "Netflix du jeu vidéo"
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Google dévoile Stadia, son "Netflix du jeu vidéo" - © Google

Comme prévu, Google a présenté hier soir sa nouvelle plateforme dédiée aux jeux vidéo. Le géant du web entre donc de plain-pied dans l'univers du gaming, aux côtés de Nintendo, Sony et Microsoft.

C'est quoi, Stadia ?

Stadia c'est le nom de la plateforme de jeux vidéo en streaming de Google. Le principe est simple : la firme de Mountain View héberge les jeux sur ses serveurs, tandis que le joueur peut joueur sur n'importe quel écran. Lors d'une brève démonstration sur scène, Stadia semblait fonctionner à la fois sur un téléviseur équipé d'un Chromecast, sur un smartphone et une tablette Android ou sur un ordinateur portable relativement peu puissant. 

Comme une plateforme de streaming vidéo, Google enverra simplement l'image du jeu sur l'écran du joueur, en 4K, à 60 fps, en HDR et avec un son surround, rien que ça (même si, sur son site internet, Google annonce que "l'accès à la 4K HDR à 60 FPS dépend de votre bande passante. L'expérience de jeu peut varier en fonction de la qualité de la connexion Internet").

Ici, les serveurs de Google remplacent la console. L'entreprise annonce d'ailleurs une puissance graphique de 10,7 téraflops, contre 4,2 pour la PlayStation 4 Pro et 6,0 pour la Xbox One X. 

On y joue comment ?

Google a conçu sa propre manette, la Stadia Controller. Sa particularité est de se connecter en Wi-Fi, directement au cloud. Une simple manette peut donc, rapidement, passer d'un écran à l'autre, sans devoir se synchroniser à une machine ou un écran présent chez le joueur. Pour le reste, elle ressemble à s'y méprendre à n'importe quelle autre manette. À deux exceptions : la présence d'un bouton capture, qui diffusera en direct la partie en cours sur YouTube. Et un bouton Google Assistant, qui pourra par exemple, aider un joueur coincé dans un niveau compliqué. L'assistant vocal pourra alors partager la solution publiée directement par le développeur, ou bien trouver une vidéo de solution sur YouTube.

Quels sont les avantages ?

Google a présenté une liste de fonctionnalités qui deviennent possibles grâce au cloud gaming :

  • Le State Share, une option qui permet de partager un moment exact d'un jeu. Par exemple, un streamer pourra partager sa propre partie, y compris sa position dans le jeu, son inventaire et son état de santé. La moindre action devient alors rejouable à l'infini, comme un instantané que l'on se partage.
  • Le Crowd Play permettra de rejoindre une partie actuellement en cours de diffusion sur YouTube. Imaginez un streamer diffusant sa partie de FIFA 2019, et invitant ses abonnés à l'affronter. 
  • Le multijoueur pourrait, en théorie, passer de 100 joueurs dans un Battle Royale façon Fortnite, à 1000 joueurs. 

De plus, qui dit cloud gaming dit plus de consoles à acheter (Google se charge de mettre à jour et d'améliorer ses serveurs) et plus de jeux à télécharger (le jeu se lance après 5 secondes selon l'entreprise).

Et les inconvénients ?

Google n'a évidemment pas insisté sur les détails, mais le projet Stadia pose déjà plusieurs questions.

  • Quelle sera la vitesse de connexion minimale pour obtenir un jeu fluide et sans latences ?
  • Une manette dotée du Google Assistant écoutera-t-elle les joueurs, comme peut le faire une enceinte connectée ?
  • Quel sera le prix d'un jeu sur Stadia ? Le joueur est-il propriétaire du jeu, comme il l'est lors d'un achat dématérialisé sur les boutiques de Sony, Microsoft et Nintendo ? Ou existera-t-il un abonnement ?
  • Dans le cadre d'un abonnement, cela représente quoi pour les développeurs, qui ont parfois du mal à s'y retrouver en vendant leurs jeux 60 euros ? Est-ce que chaque partie lancée sera payée au développeur, comme sur Spotify ?
  • Et surtout, quels seront les jeux présents sur cette plateforme ? Google a annoncé Doom Eternal, ainsi que la création d'un studio de développement interne. Mais aucune annonce sur le catalogue n'a été présentée. 

Ça sort quand ?

Là aussi, Google s'est contenté d'un vague "courant 2019". La plateforme sera déployée dans un premier temps en Amérique du Nord et en Europe. D'ici là, vous pouvez retrouver quelques vidéos ci-dessous pour vous mettre, éventuellement, l'eau à la bouche. 

La prochaine étape sera l'E3, en juin prochain. Google devrait y dévoiler de nouvelles surprises. Tout comme Microsoft, qui présentera une solution similaire, xCloud.