Google bannit les applications de type "Sugar Daddy" dans une nouvelle mise à jour

Une mise à jour des conditions d'utilisations de Google vise à freiner les contenus à caractère sexuel et améliorer la protection des enfants. Les applications de rencontres "Sugar Daddy" seront bannies à partir du 1er septembre 2021.

Les relations tarifées dans le viseur de Google

Vous ne le saviez peut-être pas, mais il existe bien des applications de rencontres types "Sugar Daddy" sur la boutique d’applications de Google. Ce genre d'applications ne seront plus disponibles sur le Play Store à partir du 1er septembre. Google a mis à jour la rubrique du "règlement relatif au contenu inapproprié". Une nouvelle restriction va être mise en place "sur les contenus à caractère sexuel, en bannissant notamment les contenus faisant la promotion des relations tarifées". Certaines applications de dating ont été téléchargées plusieurs millions de fois sur le Play Store. 


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Le terme Sugar Daddy est utilisé pour désigner une relation dans laquelle un homme offre de l'argent ou des biens à une personne plus jeune que lui pour des faveurs. Auparavant, cela ne semblait pas poser de problème à Google, mais les différentes plateformes tentent de plus en plus de promouvoir un environnement plus en phase avec son temps.

Un précédent en Belgique

Le terme “Sugar Daddy” avait fait la une de l’actualité chez nous en 2017. Un panneau publicitaire sexiste et incitant à la prostitution autour de l’ULB avait en effet créé la polémique.

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À l’époque, plusieurs plaintes avaient été déposées, notamment de la part du Jury d'éthique publicitaire, de l’Unecof et de plusieurs ministres, à l’encontre du site RichMeetBeautiful. “Il s'agit d'une certaine forme d'incitation à la prostitution", estimait Opaline Meunier, alors présidente de l'Union des étudiants de la Communauté française.


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"Cette publicité, scandaleuse et alarmante, démontre que ce site encourage la prostitution des jeunes étudiantes. Les masques tombent par rapport à ces 'pratiques de sugar-dating' qui suscitent l'inquiétude depuis un moment. En plus d'inciter les jeunes filles à vendre leurs corps, ce phénomène valorise la domination masculine et marque un retour en arrière de plusieurs décennies dans les rapports entre les hommes et les femmes. Il est temps d'agir avec détermination, par la sensibilisation, mais aussi en utilisant tous les moyens légaux possibles", déclarait alors la ministre Isabelle Simonis dans un communiqué.

Traduire les coupables en justice

Les applications de rencontres traditionnelles ou encore les réseaux sociaux sont autant utilisées pour les relations tarifées. Au final, cette mise à jour vise surtout à protéger les plus jeunes face à la montée de l'insécurité sur les applications. Des mesures prises par Google alors que l'application de la loi Trump FOSTA-SESTA devrait bientôt supprimer la protection des plateformes qui autorisent la promotion de la prostitution. 

Cette nouvelle réglementation permet de traduire plus facilement en justice les sites web qui contribuent au trafic sexuel. Ainsi, les exploitants de sites Web qui permettent par exemple aux travailleurs du sexe d'interagir avec des clients pourraient être condamnés à 25 ans de prison. Cette loi n'a été utilisée qu'une seule fois pour l'instant : en 2020 contre le propriétaire du site cityxguide, mais l'affaire est toujours en instance. 

Comme les autres géants de la tech, Google semble prendre le chemin d'une meilleure protection des jeunes sur les plateformes et autres réseaux. Un grand pas en avant ? On l'espère.