Facebook permettait de cibler publicitairement des antisémites

Facebook permettait de cibler publicitairement des antisémites
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Facebook permettait de cibler publicitairement des antisémites - © Tous droits réservés

Accusé d’avoir joué un rôle dans l’élection de Trump, Facebook est une nouvelle fois pointé du doigt pour son système de ciblage publicitaire.

Des mots clés acceptés automatiquement

Quand une publicité est programmée sur Facebook, il est possible de la restreindre à une certaine catégorie d’utilisateurs. Vous pouvez par exemple cibler les plus de 30 ans, les femmes ou bien les fans de sport.

C’est en utilisant cet outil que des antisémites ont pu cibler d’autres antisémites, à coup de mots clés aussi violents que “haine des juifs”, “pourquoi les juifs ruinent le monde” ou encore “comment brûler les juifs”. Pour qu’un “centre d’intérêt” soit ajouté à la base de données de Facebook, il suffit que quelques personnes l’ajoutent sur leur profil pour qu’il soit comptabilisé.

Facebook récupérant ces mots clés dans les profils des utilisateurs, tout le processus de validation se faisait en quelques minutes à peine, sans aucune intervention humaine. Pour prouver ces accusations, le site américain ProPublica a acheté pour 30 dollars de publicité, toutes approuvées en moins de 15 minutes. De quoi cibler facilement les néonazis américains, lors d’annonce d’événements comme le rassemblement de Charlottesville en août dernier, par exemple. Avec ses pubs, ProPublica a touché 5897 personnes partageant ces mêmes “centres d’intérêt”. Et quand un centre d’intérêt était trop rarement cité (comme “Hitler n’a rien fait de mal”), il suffisait de le combiner avec un autre. C’est ainsi que le site a pu cibler les personnes pensant qu’Hitler était innocent, en y ajoutant le mot clé “German Schutzstaffel”, autrement dit les SS.

Alerté par ProPublica, Facebook a immédiatement réagi, en supprimant ces catégories de ciblage et mots clés. Même si le porte-parole du réseau social affirme que ces campagnes “ne sont ni courantes, ni répandues”, cela entache une fois de plus la réputation de Facebook. Après les implications russes dans l’élection américaine, le site enchaîne les scandales. Mais ne semble faire aucun progrès…