Avant son retour en Chine, Google établit une liste de termes à censurer

Avant son retour en Chine, Google établit une liste de termes à censurer
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Avant son retour en Chine, Google établit une liste de termes à censurer - © Justin Sullivan - Getty Images

Si le moteur de recherche souhaite faire son grand retour en Chine, il faudra à tout prix censurer de nombres termes. Et pour établir une liste, Google peut se baser sur un autre moteur de recherche racheté en 2008.

Une présence discrète

Si Google n’est plus présent officiellement en Chine depuis 2010, il reste malgré tout une petite trace de la firme de Mountain View dans l’internet très contrôlé du gouvernement de Xi Jinping. Selon le site The Intercept, Google aurait racheté le moteur de recherche 265.com en 2008 à un certain Cai Wensheng. Le site, qui fonctionne comme un portail, propose un mélange d’actualité, d’informations sur les marchés financiers et une recherche très basique, qui renvoie vers Baidu, la version made in China de Google. 

Le site étant un produit Google comme un autre, l’entreprise peut donc avoir accès, grâce à un outil baptisé BeaconTower, à l’ensemble des recherches effectuées et peut ainsi établir une liste des termes qui ne conviennent pas au gouvernement chinois (comme le massacre de la place Tiananmen ou la disparition de Dong Yaoqiong en juillet dernier). Si la recherche n’est pas autorisée, l’internaute chinois arrive sur une page blanche, voire une page incomplète. Selon le site The Verge, une recherche sur Taiwan ou Xinjiang ne propose par exemple que des résultats partiels, principalement touristiques. 
 

Des employés mécontents

Du côté des employés de Google, ce retour en Chine n’est pas vu d’un très bon oeil. Alors que l’entreprise souhaite lancer un moteur de recherche, une version locale de Google Actualités et un service de cloud, les employés se sont vu interdire l’accès aux documents liés au projet. Toujours selon The Intercept, de nombreux mèmes circuleraient dans les bureaux de Mountain View. L’un d’entre eux montre un Chinois effectuer une recherche sur le massacre de la place Tiananmen. La réponse ? Le massacre n’a jamais eu lieu. 

À l’heure actuelle, Google ne s’est pas encore exprimé sur le sujet, refusant de commenter des "spéculations". Mais plusieurs sénateurs américains demandent déjà des explications au groupe. L’affaire est donc loin d’être terminée.