App Store : les étiquettes de confidentialité ne seraient pas toujours fiables

Selon une enquête du Washington Post, les étiquettes de confidentialité, introduites avec iOS 14, sont sauvent fausses ou incomplètes. 

Le quotidien américain a en effet analysé plusieurs applications et a découvert que sur le petit échantillon analysé, plus d’une douzaine d’applications proposaient des étiquettes de confidentialité trompeuses ou totalement inexactes. Pour rappel, ces étiquettes sont à retrouver sur la page de chaque application. 

Le journaliste Geoffrey A. Fowler prend notamment pour exemple une application qui prétend qu’aucune donnée n’est collectée : 

J’ai téléchargé une application déstressante appelée Satisfying Slime Simulator, qui obtient le label de confidentialité le plus élevé de l'App Store. Il s'est avéré que j’étais face à un mauvais genre de slime : une matière gluante qui envoyait mes informations secrètes (notamment un moyen de suivre mon iPhone), à Facebook, Google et d'autres entreprises.

Apple de son côté explique faire confiance aux développeurs, mais peut sévir en cas d’informations erronées : “De la même manière que pour les classifications par âge, les développeurs signalent leurs propres pratiques de confidentialité. Si nous apprenons qu'un développeur peut avoir fourni des informations inexactes, nous travaillerons avec lui pour garantir l'exactitude des informations.

Mais pour entreprise de la taille d’Apple, ce n’est pas assez, comme le précise Fowler : 

La première fois que j'ai lu cela, j'ai été surpris. Apple, qui affirme que le respect de notre vie privée est une "responsabilité fondamentale", sait certainement qu’on ne peut pas faire confiance aux collecteurs de données quand il s’agit de respecter la vie privée. Apple partage la responsabilité de ce qui est publié sur l’App Store. Si un journaliste peut trouver autant de problèmes en quelques minutes, pourquoi pas Apple?

En conclusion, le journaliste du Washington Post estime que ces étiquettes de confidentialité ne sont pas utiles. Du moins pas sous cette forme. Les catégories sont trop vagues, et au final, elles ressemblent plus à “une liste d’ingrédients sans les ingrédients”. 

En réponse à l’article, la porte-parole d’Apple Katie Clark-AlSadder a répondu : “Apple effectue des audits de routine et continus des informations fournies et nous travaillons avec les développeurs pour corriger les inexactitudes. Les applications qui ne divulguent pas les informations de confidentialité avec précision peuvent voir les futures mises à jour d'applications rejetées ou, dans certains cas, être entièrement supprimées de l'App Store si elles ne sont pas conformes.

Mais quand on a fait de la confidentialité et du respect de la vie privée une de ses point fort, comme le fait Apple depuis des années, cela peut visiblement s’avérer insuffisant.