Sébastien Jondeau : "Karl serait fâché s'il savait que je parle de sa maladie"

Sébastien Jondeau a sorti le livre "Ça va, Cher Karl ?", en collaboration avec Virginie Mouzat, aux Editions Flammarion.
Sébastien Jondeau a sorti le livre "Ça va, Cher Karl ?", en collaboration avec Virginie Mouzat, aux Editions Flammarion. - © Courtesy of Karl Lagarfeld

Garde du corps et assistant personnel de Karl Lagerfeld, Sébastien Jondeau présente son premier livre "Ça va, cher Karl ?" (Flammarion), en collaboration avec Virginie Mouzat.

L'occasion de retracer son parcours et de revenir sur cette complicité de plus de vingt ans avec le créateur et grand couturier, disparu le 19 février 2019. Rencontre.


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Vous avez grandi dans une cité de la banlieue parisienne. Comment avez-vous vécu ce choc des cultures lors de votre arrivée dans le monde de Karl ?

C'est vrai que j'ai grandi dans plusieurs endroits de la Banlieue Nord. En arrivant à Paris, j'ai découvert le monde de Karl, c'était à l'opposé de ce que nous pouvions vivre, c'est une certitude. J'ai mis un peu de temps à m'habituer mais j'ai apprécié.

 

On parle de vous comme de l'égérie, de la muse, de l'homme de confiance, et du garde du corps de Karl Lagerfeld. Quelle était véritablement votre relation ?

Je ne pense pas avoir été la muse de Karl. J'ai été mannequin pour la marque, comme pour beaucoup d'autres car Karl aimait bien improviser, me glisser dans les photos à la dernière minute : publicités, défilés pour l'ensemble des marques avec lesquelles il collaborait… Pour le reste, oui, j'étais son assistant personnel et son garde du corps. Pour ce qui est de notre relation, c'était mon boss avant tout.

 

Vous évoquez en détail la maladie de Karl. Que retenez-vous de ces années durant lesquelles personne n'avait conscience du mal dont souffrait le couturier ?

J'en retiens seulement qu'on a bien fait notre taf ! Aussi bien lui que moi. C'est tout ce qu'on voulait, que personne ne sache quoi que ce soit. Ça n'a pas été drôle tous les jours mais on le vivait correctement, c'est le principal.

 

Que dirait-il s'il savait que vous évoquez ces moments de sa vie ?

Il serait fâché après moi !

 

Est-ce que vous avez en tête un moment qui vous a particulièrement marqué au cours de ces vingt années aux côtés de Karl Lagerfeld ?

Le moment où il est parti.

 

Changeriez-vous quelque chose ?

Je le ferais revenir.

 

Vous êtes l'ambassadeur de la ligne homme de la marque Karl Lagerfeld. Est-ce que le couturier est, d'une certaine façon, toujours présent dans vos choix créatifs actuels ?

Bien sûr ! Aujourd'hui, je travaille avec la marque, qui est aussi une famille pour moi. Ensemble, on a développé pas mal de choses, ils m'ont fait confiance. Je représentais la marque Karl Lagerfeld en tant que Sébastien Jondeau, assistant personnel de Karl Lagerfeld, ce n'était pas du mannequinat. J'étais et je suis toujours l'ambassadeur de la marque. Ce côté familial s'est développé. Aujourd'hui, ça se poursuit et on le fait vivre. Mes rapports avec la marque sont très bons et j'espère avoir la chance de continuer à développer plein de projets !

 

On sent dans votre livre que votre relation n'est pas au beau fixe avec Baptiste Giabiconi, qui était lui aussi proche de Karl Lagerfeld. Pourrait-on aujourd'hui imaginer une collaboration créative en duo en hommage au grand couturier ?

Nos relations ne sont pas tendues : il n'y a pas de relation particulière entre Baptiste et moi. Je n'ai pas écrit de méchancetés dans mon livre, il fait partie de ma vie dans tous les cas. Je ne pouvais pas faire un livre sur ma vie avec Karl sans parler de lui. Il a une place, qui lui est due. Il n'y a pas d'animosité, j'explique juste ma vision de la vie sur des choses que j'ai vues et la façon dont je les ai perçues, c'est mon libre arbitre. Pour ce qui est d'une collaboration, nous sommes tous les deux très occupés !