Paris Fashion Week - Junko Shimada : "J'aime la mode, mais je n'aime pas l'idée d'en être victime"

Paris Fashion Week - Junko Shimada : "J'aime la mode, mais je n'aime pas l'idée d'en être victime"
Paris Fashion Week - Junko Shimada : "J'aime la mode, mais je n'aime pas l'idée d'en être victime" - © iStock / Leonardo Patrizi

Dans le cadre de la fashion week parisienne, qui se tient du 1er au 9 mars 2016, Relaxnews est parti à la rencontre de Junko Shimada qui présentera sa collection automne-hiver 2016 ce mardi 8 mars à 15h30. Inspirations, pièces iconiques, tendances, la créatrice japonaise dévoile les contours de cette nouvelle ligne de prêt-à-porter.

Quelle est votre source d'inspiration pour cette nouvelle collection ?

La mélancolie douce et piquante de "Jules et Jim" de Truffaut. Plus sensoriel, sensuel et moins intello que Godard. Beaucoup plus spontané aussi. Il y a un rapport innocent, naturel, parfois même maladroit entre le sujet et la caméra. Les hivers m'inspirent souvent aussi des couleurs et des tissus très british. Ici c'est le décalage des folklores écossais et irlandais et puis toujours l'amour des jolies choses.

Quelles sont les trois pièces phare ?

Les vestes en jersey bouclette, le long manteau en cachemire double face, et l'ensemble veste perfecto et pantalon en tartan écossais. Et puis il y a toujours les mailles et les imprimés !

Quelle(s) personnalité(s) incarnerai(en)t le mieux ces silhouettes ?

Jeanne Moreau, Monica Vitti, Julie Andrew, Tilda Swinton, Emma Watson, fraiche et intelligente. Scarlett Johansson, qui peut être douce et incandescente. Jennifer Lawrence, pour sa spontanéité et sa ressemblance avec Monica Vitti, qui est mon inspiration pour cette collection. Ces actrices ont en commun un côté sauvage et charismatique. Elles peuvent jouer plein de femmes tout en gardant une identité. Garder son identité sans se murer derrière ses convictions, c'est très important.

Quel regard portez-vous sur la mode aujourd'hui ?

Chaque année on nous pose cette question et chaque année je ne sais jamais quoi répondre. Franchement, j'aime la mode, mais je n'aime pas l'idée d'en être victime. Les habits sont là une saison, mais peuvent se porter quand on le souhaite. Les inspirations reviennent et s'en vont. J'aime que ce soit un jeu, pas une religion. J'ai toujours parlé de style plus parce que c'est lié à un style de vie. Chacun a son identité, sa mode. L'idée est plutôt d'aimer vivre, aimer la personne qu'on est, dans ce qu'on porte. Si c'est en Shimada, tant mieux.

La présence des créateurs et des marques sur les réseaux sociaux est désormais indispensable. Est-ce que ce contact direct avec le public a changé votre façon de travailler ?

J'ai du mal à vous dire oui, mais je dois dire que je me suis beaucoup investie dans mon nouveau site internet et je commence à m'intéresser aux réseaux sociaux. J'aime plus me dire que j'ai un contact direct avec les gens, que le message se délivre sans être sur-interprété. Mais de là à changer ma manière de travailler, il va falloir attendre encore une petite décennie. Finalement, j'aime bien être connectée tout en gardant une certaine distance avec cette soif d'instantané, de réaction à chaud. Il y a déjà tellement de temps forts dans nos métiers.