L'alpaga à la conquête du marché international

Brassant à pleines mains les écheveaux de laine, dans le cliquetis de machines qui trient, lavent, sèchent et cardent la précieuse fibre, Derek Michell n'a pas assez de mots pour vanter "la magie de l'alpaga".

"C'est une matière extraordinaire, qui tient plus du poil que de la laine, beaucoup plus douce, plus légère, soyeuse et durable. Elle possède des propriétés thermiques uniques grâce à de petites bulles dans ses fibres, qui permettent d'être au chaud en hiver et d'avoir une sensation de fraîcheur durant les jours chauds", dit M. Michell à l'AFP, dans une des cinq usines que possède sa compagnie à Arequipa, un des centres textiles les plus importants du Pérou.

L'alpaga est un des rares animaux possédant une riche palette de teintes naturelles, plus de 20, allant du noir le plus profond jusqu'au blanc neige en passant par toutes les nuances du crème, fauve, brun ou gris. "Jusqu'à présent, sourit-elle, c'était plutôt considéré comme quelque chose de folklorique et artisanal, du domaine du souvenir de voyage comme les bonnets avec des broderies de lamas."

Selon le ministère du Commerce extérieur, les exportations d'alpaga ont bondi de 58% entre 2009 et 2013, principalement en direction de la Chine, l'Italie et le Japon, générant plus de 130 millions de dollars. "Cela nous remplit d'énergie, affirme Meyla Johnston. Nous voulons faire connaître chez nous les qualités de l'alpaga, dont l'élevage n'endommage pas l'environnement et respecte les règles d'un développement durable."Sur le marché international "c'est le bon moment pour l'alpaga qui est destiné à grandir", assure-t-elle.

Producteurs, designers et acheteurs du monde entier étaient au rendez-vous de "AlpacaFiesta", la plus importante rencontre de l'industrie de l'alpaga organisée mi-novembre dans la "cité blanche" d'Arequipa, deuxième ville du pays, que surplombe le volcan Misti. Cette grande fête de l'alpaga "fera date dans l'histoire textile du Pérou", assure un des organisateurs, Cesar Ludgens, à l'AFP, alors que plus de 15 millions de dollars de la précieuse fibre ont été négociés en quelques jours par quelque 70 acheteurs internationaux.

 

RTBF TENDANCE avec AFP