Chanel N°5, le parfum des parfums, glamour, mythique et dramatique

En 1921, Gabrielle Chanel, qui casse les codes du vestiaire féminin, arrive avec un parfum tout aussi révolutionnaire.
En 1921, Gabrielle Chanel, qui casse les codes du vestiaire féminin, arrive avec un parfum tout aussi révolutionnaire. - © STEPHANE DE SAKUTIN/AFP

Que portez-vous au lit ? "Seulement Chanel N°5", confiait Marilyn Monroe. Immortalisé au cinéma et incarné par des stars comme Catherine Deneuve ou Nicole Kidman, le parfum créé il y a 100 ans est le plus connu et l'un des plus vendus au monde.

En 1921, Gabrielle Chanel, qui casse les codes du vestiaire féminin, arrive avec un parfum tout aussi révolutionnaire.

"Son nom, sa senteur associés à la radicalité des lignes du flacon contribue à en faire une icône des Années Folles. Par ce simple chiffre, qui désigne le numéro de l'échantillon retenu, Chanel rompt avec les tendances et entre dans l'abstraction", estime Julie Deydier, chargée de patrimoine chez Chanel.

Un sillage aussi "artificiel" qu'une robe haute couture

La couturière souhaite se distinguer de la tradition naturaliste et florale du 19e siècle et concevoir cette fragrance "à odeur de femme" comme une robe haute couture. "Un parfum artificiel, je dis bien artificiel comme une robe, c'est-à-dire fabriqué. Je suis un artisan de la couture. Je ne veux pas de rose, de muguet, je veux un parfum qui soit un composé."

Chargé de cette mission, le parfumeur Ernest Beaux crée une composition qui ne reproduit pas une odeur existant dans la nature.

Le N°5 est immédiatement identifiable par son odeur atypique due à une surdose de molécules de synthèse, les aldéhydes, qui apportent de la fraîcheur aux notes florales et lui confèrent son côté "abstrait".

La simplicité du flacon graphique, noir et ivoire, légèrement modifié au fil des ans mais gardant sa simplicité intemporelle, tranche avec les présentations opulentes de l'époque. "Je mettrai tout dans le parfum, rien dans la présentation", déclarait Gabrielle Chanel. Dans une publicité apparue au New York Times en 1928, le parfum de Chanel était comparé à ses tenues "jeunes et modernes".

Coco Chanel, une aura puissamment dramatique

Pour une publicité dans des magazines américains en 1937, Chanel choisit d'incarner elle-même le N°5. A son portrait réalisé par le photographe François Kollar en 1937 au Ritz est associé ce texte : "Gabrielle Chanel est avant tout une artiste de vie. Ses robes, ses parfums sont créés avec un parfait instinct dramatique. Le N°5 est comme une douce musique qui souligne une scène d'amour. Il enflamme l'imagination et laisse une trace ineffaçable dans les souvenirs des acteurs".

Dans les décennies suivantes, le cinéma et les actrices s'en sont emparés, contribuant à l'aura qui fait que ce "parfum des parfums" est parmi les plus vendus au monde.

Une photo de Marilyn Monroe se parfumant le décolleté au N°5 est utilisée en 2013 pour la publicité du parfum, qu'ont également incarné Suzy Parker, Catherine Deneuve, Carole Bouquet, Nicole Kidman et dans la toute dernière campagne publicitaire, Marion Cotillard, dansant sur la Lune.