Ce qu'il faut retenir de la Fashion Week de Londres

Pour Burberry, le directeur créatif Riccardo Tisci continue de revisiter le trench qui a rendu célèbre la marque, pour le rajeunir et le rendre plus sexy.
Pour Burberry, le directeur créatif Riccardo Tisci continue de revisiter le trench qui a rendu célèbre la marque, pour le rajeunir et le rendre plus sexy. - © Ben STANSALL/AFP

Exploration du style british, collections plus durables, participation chinoise en forte baisse... Ce qu'il faut retenir de la Fashion Week de Londres, consacrée aux collections automne-hiver 2020/21.

L'ombre du nouveau coronavirus

La participation des détaillants et médias chinois a été fortement réduite à Londres en raison des restrictions de voyage imposées par l'épidémie de nouveau coronavirus. Un coup dur pour l'industrie de la mode, les Chinois étant les plus gros consommateurs de luxe dans le monde.

Cette épidémie a un "impact négatif important" sur la demande de luxe, a prévenu Burberry, contraint de fermer temporairement 24 de ses 64 magasins en Chine, tandis que les autres fonctionnaient avec des horaires réduits.

Le British Fashion Council, organisme qui représente la mode britannique, avait pris des mesures de précaution avec des nettoyages en profondeur du principal lieu de défilé et la mise à disposition de solutions désinfectantes.

Les participants aux défilés sont toutefois restés flegmatiques, quelques-uns seulement arborant des masques, assortis à leur tenue, Fashion Week oblige.

Des stylistes optimistes

Le coronavirus vous angoisse? L'hiver vous semble interminable? Piochez dans les collections colorées de la Serbe Roksanda ou de la Britannique Molly Goddard pour vous remonter le moral. Parmi les pièces les plus marquantes de Roksanda, une volumineuse robe de soirée en soie orange fluo, avec une traîne violette. Les emblématiques robes en tulle de Molly Goddard se superposent à des tricots jacquard, pour un look enfantin et joyeux.

Textures et volumes, c'est le "nouveau chic", explique JW Anderson. Pour sa nouvelle saison, il voulait "quelque chose d'optimiste".

En bon Irlandais, il s'est inspiré de la célèbre bière Guinness pour les couleurs et le design de certaines robes.

Envie d'être la reine de la nuit? Optez pour une combinaison moulante pattes d'éléphant en sequins multicolores chez Halpern ou un costume parsemé de cristaux, cagoule assortie, chez Richard Quinn. Avec ces créations étincelantes, Quinn a rendu hommage aux "pearlies", ces Londoniens issus de milieux populaires qui depuis des décennies, ornent blousons et pantalons de centaines de boutons de nacre.

Exploration du style british

A une époque d'introspection pour le Royaume-Uni, sur fond de Brexit, les créateurs se tournent vers des matières typiquement british comme le tweed Harris chez Vivienne Westwood, avec des carreaux beiges classiques éclairés par des touches de violet.

Margaret Howell, qui fête cette année les 50 ans de sa marque, reste fidèle à l'allure britannique avec un trench court porté jambes nues, des jupes plissées et des cravates nonchalamment nouées autour de chemisiers, dans un style écolière chic.

Tartans écossais, caleçons beiges de cavalières et cagoules en laine: chez Shrimps, les mannequins sont prêtes pour un week-end à Balmoral, la résidence d'Elizabeth II en Ecosse.

Pour Burberry, le directeur créatif Riccardo Tisci continue de revisiter le trench qui a rendu célèbre la marque, pour le rajeunir et le rendre plus sexy. Pour sa quatrième saison, il a notamment créé des manteaux hybrides entre la doudounes et le trench et mêlé audacieusement différents imprimés quadrillés.

Conscience environnementale

Plus possible pour les stylistes d'ignorer l'impact environnemental de leur industrie, que leur ont d'ailleurs rappelé les militants d'Extinction Rebellion lors d'un happening samedi.

Utilisation de matières renouvelables, upcycling (nouvelle vie des vêtements et accessoires): les stylistes innovants étaient mis en avant dans une exposition du British Fashion Council sur la "mode positive".

Les grandes marques aussi évoluent: Burberry a annoncé que son défilé était certifié "neutre en termes d'émissions de carbone" et Tommy Hilfiger a présenté sa collection printemps 2020 comme la plus respectueuse de l'environnement jamais produite.

La Fashion Week a proposé aussi cette année de rapporter des tenues haut de gamme pour les échanger.

Reflet de cette industrie qui évolue, l'Irlandais Richard Malone, l'un des jeunes designers les plus en pointe en matière de développement durable a reçu le prix international Woolmark lundi soir, tandis que le premier prix Karl Lagerfeld pour l'innovation a récompensé l'Américaine Emily Adams Bode, as de l'"upcycling".