Zéro déchet dans la cuisine : comment s’attaquer à la pièce la plus polluante de la maison ?

RTBF Tendance lance sa série "Zéro déchet" ! Chaque semaine, on vous fournit des conseils, astuces et idées pratiques zéro déchet pour chaque pièce de la maison.

Avec le zéro déchet, de nombreux Belges tentent d’adopter un autre mode de vie dans leur quotidien pour se diriger petit à petit vers une consommation plus durable et plus respectueuse pour la planète. Le mouvement zéro déchet (en anglais : zero waste) consiste en effet à prendre conscience de l’impact que notre consommation "classique" génère sur notre environnement et à adopter, en conséquence, une stratégie pour réduire au maximum nos déchets.


►►► Si ce n’est pas déjà fait, nous vous conseillons de lire notre article sur les grands principes de base de la pratique zéro déchet avant de vous attaquer à l’objectif d’une cuisine zéro déchet.


Après s’être penché sur la salle de bains (la deuxième pièce la plus polluante de la maison) et vous avoir dévoilé les astuces durables pour une chambre zéro déchet, nous mettons à l’honneur cette semaine la pièce n°1 en production de déchets domestiques : la cuisine.

La cuisine : la plus grande source de déchet… mais pas de pression !

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Sans surprise, c’est dans la cuisine que nous générons le plus de déchets. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si cette pièce accueille généralement nos poubelles domestiques. Avec un peu de volonté, il est pourtant tout à fait possible de remplacer le jetable par le durable dans la cuisine et de rapetisser la taille de notre poubelle.

Le chantier peut paraître énorme, mais pas de pression, avancez à votre rythme. C’est à vous, et à vous seul(e), de mettre en place vos nouvelles habitudes, progressivement. Comme le conseille si bien Camille Ratia dans son ouvrage Le zéro déchet : Des conseils adaptés à votre rythme et à vos objectifs ! : "Il faut que cela reste un plaisir. Vous lèverez peut-être quelques barrières psychologiques ("Fabriquer mes propres produits ménager ? Jamais ! Ah, mais attends, ce n’est pas si compliqué finalement !"), pas d’autres ("Les mouchoirs en tissu, je ne m’y ferais jamais."). Et après tout, nul ne vous jugera, ce n’est pas bien grave. Promis, il n’y a pas de police du zéro déchet qui viendra vous dire "Aaaah, aujourd’hui, vous avez acheté une bouteille d’eau en plastique, c’est maaaaaal !" Ce qu’il faut retenir, c’est votre courbe de progression."

Et pour garder en tête son objectif tout en prenant le défi zéro déchet comme un jeu, un seul mot d’ordre : l’organisation. "L’organisation est et restera toujours le maître mot dans votre quête du zéro déchet" explique Monica Da Silva dans son livre Zéro déchet pas à pas. "Elle est en effet indispensable pour mettre en place de nouvelles habitudes sans en faire des contraintes trop pénibles à accomplir quotidiennement."
 

La règle des 5 R (en français : 4 R + 1C) de Béa Johnson appliquée à la cuisine

Garder en tête les grands principes du zéro déchet vous permettra d’agir de manière méthodique et vous servira de "mode d’emploi" dans votre démarche zéro déchet.

Comme pour la salle de bains et pour la chambre, reprenons donc le fameux principe des 5 R prôné par Béa Johnson qui, avec son bocal d’1 litre de déchets par an pour 4 personnes, est aujourd’hui considérée par beaucoup comme "The Queen" du mouvement zéro déchet :

  • Refuser : refusez ce dont vous n’avez pas besoin pour éviter de faire "entrer" de nouveaux futurs déchets. Cela implique essentiellement de dire NON au jetable, à l’inutile, et au superflu. Préparez votre liste de courses à l’avance (c’est le bon moment pour se lancer dans le batch-cooking), privilégiez le vrac, etc.

  • Réduire : vivre mieux avec moins. Avons-nous besoin de consommer autant ? Ne pouvons-nous pas réduire ce que nous possédons déjà (et que nous n’utilisons pas, de surcroît) ? Faites un tri et transformez votre cuisine en pièce minimaliste qui ne contient que l’essentiel.

  • Réutiliser : ne jetez pas tout de suite. Passez en mode "récup", et donnez une seconde vie à ce qui peut encore servir (en le transformant, en le vendant, en le donnant ou en le réparant) si cela est possible. Si vous décidez de vous débarrasser de tous vos tupperwares pour les remplacer par des bocaux en verre par exemple, vous pouvez récupérer vos contenants en plastique pour en faire des boîtes de rangement (pour votre garage, votre bureau, ou les jouets des enfants), ou les donner à vos proches ou une association. Cela vaut aussi pour l’alimentaire : réutilisez les restes (les fanes de légumes sont une excellente base pour une soupe, par exemple) et évitez de gaspiller vos denrées alimentaires.

  • Recycler : à défaut de pouvoir réduire, réutiliser ou réparer, triez correctement ce qui est à jeter pour permettre aux matériaux d’être réutilisés.

  • Composter : compostez vos résidus alimentaires et les matières organiques. Cela permet d’éviter qu’ils ne se retrouvent dans des sites d’enfouissement avec les autres déchets où, privés de l’air qui leur permet de se décomposer naturellement, ils produisent du méthane (un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le CO2)Si vous n’avez pas de jardin, il existe la solution des lombricomposts (totalement inodore). Sinon, renseignez-vous auprès de votre commune, la plupart organisent un ramassage de déchet organique hebdomadaire.

Et en pratique ? Quelques conseils

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Après avoir trié, rangé, réparé et jeté, vient le moment fatidique de faire des courses et de reremplir la cuisine avec de nouveaux produits, alimentaires, ou non. Voici quelques conseils et astuces pour privilégier le durable au jetable :

  • Dites stop aux sacs en plastique : place au sac à dos, bocaux, totebag (même si ce n'est pas aussi écolo qu'on ne le pense, c'est toujours mieux que le plastique) et autres sacs en tissu pour faire vos courses !

  • Privilégiez le vrac afin de limiter les déchets d’emballage. Préférez le marché matinal, le cultivateur du coin, la récupération de denrées alimentaires des restaurants ou le magasin zéro déchet à votre supermarché habituel. En plus vous favoriserez, dans le même temps, le circuit court.

  • Besoin de nouveaux ustensiles ? Avantagez les matières écologiques et durables comme le bois, l’aluminium et le verre.

  • Faites vous-même vos produits de nettoyage et de vaisselle ou achetez-les en vrac (pour les plus minimalistes d’entre vous, sachez que le savon de Marseille fait amplement l’affaire… pour à peu près tout) ;

  • Les éponges de vaisselles sont ultra-polluante et ne se recyclent pas. Bonne nouvelle : elles peuvent être remplacées par des lavettes réutilisables, des brosses de vaisselle, ou des tawashi.

  • Idem pour l’essuie-tout, il existe des solutions alternatives comme les serviettes de table en tissu, ou les essuie-tout réutilisables en microfibres.

  • L’aluminium et le film plastique se remplacent par du film alimentaire réutilisable comme les bee wrap ou les charlottes alimentaires en tissu.

  • Envie d’ajouter une petite touche festive à votre cocktail ? Oubliez les pailles en plastiques, qui font des ravages dans les océans, il existe des pailles en bambou et en aluminium réutilisables à l’infini (pensez à acheter une petite brossette adaptée pour pouvoir les nettoyer correctement).

  • Et pour le café ? Il existe l’option de la Moka, la fameuse cafetière italienne estampillée zéro déchet depuis toujours grâce à son filtre réutilisable. Mais si vous possédez déjà une machine moderne, il existe probablement un filtre à café réutilisable adapté sur le marché.

Quelques sources d’inspirations

Pour vous aider dans votre démarche, il existe de nombreux livres qui traitent du sujet. Parmi ceux-ci :