Utiliser des résidus de maïs pour filtrer l'eau ? La méthode est à l'étude

Utiliser des résidus de maïs pour filtrer l'eau ? La méthode est à l'étude.
Utiliser des résidus de maïs pour filtrer l'eau ? La méthode est à l'étude. - © Yulia Naumenko - Getty Images

Purifier l'eau en utilisant les feuilles et les rafles issues de la production de maïs. C'est l'idée originale d'ingénieurs américains qui développent un charbon actif végétal en recyclant les déchets de maïs.

Aux Etats-Unis, le maïs représente une véritable institution. Elle a depuis longtemps conquis le pays, plus grand producteur de maïs au monde, ainsi que le Canada. Mais la culture de cette céréale génère un nombre important de déchets. Après la récolte des grains de maïs, feuilles, tiges et rafles sont en effet laissées à l'abandon. Ces résidus, connus sous le nom de "cannes de maïs", sont le plus souvent brûlés.

Les cannes de maïs carbonisées produisent un charbon actif

Pour offrir une seconde vie à ces matières organiques, des ingénieurs américains de l'université de Californie à Riverside planchent sur la conception d'un charbon actif, matière entièrement végétale et fréquemment utilisée pour filtrer les polluants de l'eau.

C'est précisément cette fonction filtrante que les scientifiques souhaitent exploiter. 

L'équipe d'ingénieurs a découvert que les cannes de maïs carbonisées traitées avec de l'eau chaude comprimée (carbonisation hydrothermique) permettent d'obtenir un charbon actif capable d'absorber 98% de la vanilline, arôme synthétique de la vanille qui peut créer un flux d'eaux usées, notamment à cause de la présence d'un composé dérivé du pétrole impliqué dans sa fabrication.

Une filtration végétale qui préserve la planète

Les auteurs de ces travaux ont appliqué cette méthode en filtrant de l'eau contenant de la vanilline, ajoutée à travers le charbon actif. Cette combinaison, encore à l'étude, offre une plus grande surface de filtration et permettrait au charbon d'absorber davantage de vanilline.

"Il est impératif de trouver des applications pour les ressources inutilisées telles que les cannes de maïs afin de lutter contre le changement climatique. Cette recherche apporte une valeur ajoutée à l'industrie de la biomasse, qui peut réduire davantage notre dépendance aux combustibles fossiles", souligne Mark Gale, chercheur au département d'ingénierie chimique et environnementale de l'U.C Riverside et auteur principal de la recherche.