Tour d'Europe des consignes sur les emballages

Tour d'Europe des consignes sur les emballages
Tour d'Europe des consignes sur les emballages - © artisteer - Getty Images/iStockphoto

Plusieurs pays européens ont déjà adopté des dispositifs de consigne pour améliorer le taux de collecte de leurs emballages.

L'exemple de l'Allemagne

L'Allemagne est souvent citée comme exemple en matière de consigne: le système existe depuis les années 1990 pour les bouteilles réutilisables.

En 2003, une loi fédérale l'a étendu aux canettes et bouteilles en plastique de 0,1 à 3 litres.

"La consigne est obligatoire pour les emballages à usage unique mais pas pour les bouteilles réutilisables", explique l'ONG Zero Waste France, qui a étudié le "Pfand" (consigne allemande).

"Pour tenter d'inverser la courbe, la loi sur l'emballage a été modifiée le 1er janvier 2019 avec pour objectif d'atteindre 70% de récipients réutilisables sur le marché", détaille-t-elle.

Son montant s'élève à 25 centimes pour les emballages à usage unique, et entre 8 et 15 centimes s'ils sont réutilisables.

Selon Zero Waste France, le taux de collecte y atteint 90%. Au total, 70% des déchets d'emballages y ont été recyclés en 2016, et 50% des emballages plastiques, selon Eurostat.

Pays à taux de collecte élevé

Une consigne sur les emballages en plastique et en verre réutilisables après lavage ou non, et sur les canettes, s'applique au Danemark depuis 2002 et en Estonie (sauf pour les boissons contenant plus de 6% d'alcool) depuis 2005.

En Estonie, où elle vaut 10 centimes, l'opérateur de gestion Eesti Pandipakend estime que 85,5% des emballages en PET, 96,1% en aluminium et 89,8% en verre ont été récupérés en 2018.

La consigne danoise, entre 13 et 40 centimes en fonction de la matière et du volume, a permis la collecte de 90% des emballages, affirme un rapport de l'association internationale Reloop, en faveur de l'économie circulaire.

En Islande, la consigne de 11 centimes s'applique aux emballages de boissons prêtes à être consommées en plastique, verre et aluminium, sauf le lait, les laitages et les extraits de jus. En place depuis 1989, elle a mené en 2018 à des taux de recyclage de 85% pour les emballages en aluminium, 83% pour ceux en PET (Polytéréphtalate d'éthylène) et 80% en verre, selon Endurvinnslan, l'opérateur en charge du système de consigne dans le pays.

En Suède, les canettes sont consignées depuis 1984 et les bouteilles en plastique depuis 1994, pour toutes les boissons prêtes à la consommation. Returpack, responsable du dispositif, note un taux de collecte de 85,2% en 2017 sur toutes les canettes et bouteilles mises en vente.

Pays avec un système d'incitation

En Finlande, la consigne n'est pas obligatoire mais fortement conseillée. Les producteurs sont exemptés de la taxe sur emballage de 51 centimes par litre s'ils s'enregistrent à un système de consigne, comme celui administré par Suomen Palautuspakkaus (Palpa), qui compte 230 membres. Son taux de collecte en 2018 s'élevait à 95% pour les emballages en aluminium, 90% en PET, et 88% en verre.

Système similaire en Norvège, où les emballages de boissons sont soumis à une taxe environnementale, qui diminue quand le taux de collecte augmente.

Plusieurs producteurs et distributeurs se sont donc rassemblés pour créer l'entreprise Norsk Resirk devenue Infinitum, qui a mis en place en 1999 un système de consigne sur les emballages en plastique et en aluminium à usage unique.

Ils revendiquent plus d'un milliard d'emballages récupérés en 2017.

Aux Pays-Bas, la consigne est "plus ou moins obligatoire pour les bouteilles en plastique de plus de 0,75 litre" selon la Stichting Retourverpakking Nederland, opérateur principal de consignes dans le pays. "Si un producteur ne met pas en place de consigne, il devra payer une taxe", explique la fondation.

D'après l'organisation environnementale Reycling Netwerk, active en Belgique et aux Pays-Bas, elle ne concerne que les boissons non alcoolisées et s'élève à 25 centimes. Une caution de 10 centimes s'applique à certaines bouteilles de bière réutilisables sur la base du volontariat.

72% des déchets ont été recyclés dans le pays en 2016, selon Eurostat.

Pays qui réfléchissent

En France, le gouvernement a installé le 19 juin un comité de pilotage visant à mettre en œuvre un système de consigne pour améliorer la collecte des emballages usagés, et qui concernera tous les emballages.

Citeo, organisme chargé de la collecte des emballages ménagers, estime que si 86% du verre est collecté en France, seulement 58% des bouteilles en plastique le sont, alors qu'elles sont parfaitement recyclables.

D'autres pays réfléchissent à mettre en place une consigne: l'ONG Zero Waste France cite l'Écosse, l'Angleterre, le Portugal, Malte, la Biélorussie, la Roumanie, la Turquie, la Lettonie et la Slovaquie.