"Surtout pas de gel hydroalcoolique ni de javel sur vos animaux !" : le cri d’alarme des vétérinaires

Chats en coma éthylique, pattes de chiens brûlées à la Javel… les conséquences sont désastreuses pour nos animaux à quatre pattes qui se font "désinfecter" par leur maître.

Suite à la crise sanitaire du coronavirus, certains propriétaires, par crainte d’une contagion, entreprennent de désinfecter leur animal de compagnies à grands coups de gel hydroalcoolique et de javel. Très mauvaise idée !

Ces produits extrêmement agressifs provoquent chez nos petites bêtes à quatre pattes des problèmes de peaux et des intoxications qui peuvent être très graves, comme l’explique Alain Schonbrodt, porte-parole de l’Union professionnelle vétérinaire (UPV), à nos confrères de la DH :

En se léchant, les chats ingèrent le produit qui peut même provoquer un coma éthylique. Dans ces cas très graves, la fréquence cardiaque diminue et l’animal ne se réveille pas quand son maître l’appelle

Comme lui, plusieurs vétérinaires ont poussé un cri d’alarme après avoir réceptionné dans leur cabinet des chats en coma éthylique suite à un "lavage" au gel hydroalcoolique, ainsi que des chiens gravement brûlés à l’eau de javel.

Ne lavez pas vos animaux avec des produits corrosifs

Pour les propriétaires qui s’inquiètent : pas de panique. Il n’y a pour l’instant aucune preuve que les animaux de compagnie et d’élevage jouent un rôle dans la propagation du coronavirus. Inutile donc de désinfecter votre animal au retour d’une balade, ou alors simplement à l’eau et éventuellement avec un savon adapté.

Un numéro vert pour répondre aux questions relatives aux animaux

Si vous avez un doute : l’association de défense des droits des animaux Gaia a lancé, lundi, un numéro vert destiné à recevoir les appels et questions sur le bien-être des animaux de compagnie en temps de confinement. Le numéro 0800/53.335 est donc désormais accessible tous les jours ouvrables entre 9h00 et 17h30.

Avec ce numéro, Gaia veut éviter d’éventuelles souffrances aux compagnons à quatre pattes. Les refuges animaliers étant déjà en difficulté, l’association souhaite leur éviter une surcharge de travail due à l’abandon d'animaux, notamment par crainte de transmission de la bête à l’homme. "De nombreuses personnes se méfient des animaux. Par exemple, certains parents ont peur de laisser leurs enfants dans le jardin, parce qu’il y a le chat des voisins. Il faut pouvoir les informer correctement et les rassurer", souligne l’ASBL.

Ce numéro vert permet également de savoir si un particulier peut encore câliner son chien, laisser sortir son chat, promener l’animal de son voisin âgé… "Avec notre numéro, nous voulons répondre à ces questions et offrir une expérience 'feel good', tant aux animaux qu’à leurs propriétaires, ainsi qu’à toutes les personnes qui ont des doutes à ce sujet", explique la directrice de l’association, Ann De Greef.