Ski et changement climatique : les Français se disent inquiets pour la survie des stations

Ski et changement climatique : les Français se disent inquiets pour la survie des stations.
Ski et changement climatique : les Français se disent inquiets pour la survie des stations. - © Buena Vista Images - Getty Images

Selon un récent sondage, les Français restent attachés au ski, aussi bien pour les sensations qu'il procure que pour le plaisir de contempler le paysage somptueux des montagnes enneigées.

Mais les sondés sont également conscients que la pratique de cette activité hivernale est menacée par le changement climatique. Pour cette raison, 63% d'entre eux soutiennent les stations qui recourent à la neige de culture.

Adrénaline et paysages, le ski fait toujours rêver

Pas de remontée mécanique sur les pistes cette année. Le couperet est tombé il y maintenant plus d'un mois mais la restriction n'en demeure pas moins un coup de massue pour les professionnels des stations et un pincement au cœur pour les Français, privés du plaisir de skier.

D'après un récent sondage Ipsos réalisé pour le syndicat Domaines Skiables de France sur un panel de 1000 Français, 80% affirment avoir une image positive de ce sport d'hiver, qu'ils soient des skieurs aguerris ou non.

Le budget important associé à cette activité n'est mentionné que par 14% des personnes qui ne portent pas le ski dans leur cœur (ni aux pieds). Il faut dire que le ski a plusieurs atouts pour séduire : sensations fortes, paysages à couper le souffle... Ces deux éléments sont d'ailleurs les plus fréquemment mentionnés par les Français interrogés adeptes du ski. 

Le changement climatique impacte déjà les stations

Le tableau plein de charmes des vacances d'hiver à la montagne partagées entre le plaisir de glisser sur des pentes enneigées et de se réchauffer au coin du feu dans la convivialité d'un chalet pourrait un jour disparaître. Et les sondés en sont conscients.

94% estiment que le changement climatique menace les stations, avec des conséquences visibles d'ici 20 à 40 ans. 

Conséquences qui sont en réalité déjà bien visibles depuis plusieurs années. La principale étant un enneigement de plus en plus faible, y compris dans les montagnes. À tel point que de nombreuses stations, en France comme à l'étranger, recourent à une méthode connue sous le nom de "neige de culture" et ce, depuis plusieurs décennies.

Neige de culture : peu compatible avec la protection environnementale

Concrètement, le principe consiste à favoriser la production de "poudre blanche" grâce à un "canon à neige" qui fonctionne à partir d'un mélange d'eau et d'air. Une méthode qui semble légitime aux yeux de 63% des Français interrogés dans le cadre de l'enquête Ipsos, dans la mesure où elle permet de "préserver les activités des stations, l'emploi et la vie dans les montagnes et les vallées".

La neige de culture a toutefois des impacts non négligeables d'un point de vue environnemental, notamment une consommation d'eau importante (environ 1 m³ d'eau pour obtenir 2 m³ de neige). Si des retenues artificielles sont aménagées à cet effet dans les stations, une partie de l'eau utilisée pour créer de la neige est directement puisée dans la nappe phréatique des montagnes, exposant ces dernières à d'éventuelles pénuries.  

Pour le shaper Alexandre Hamelin, candidat aux élections municipales de La Clusaz en 2020, la solution se situe ailleurs. "Continuer à foncer tête baissée sans réfléchir à l'impact du réchauffement climatique sur nos montagnes, ce serait négliger l'avenir de nos enfants. Nous devons commencer songer à des projets, revoir nos structures, surveiller ce qui se fait ailleurs et développer des activités autres que le ski alpin."