Royaume-Uni : les supermarchés toujours accros aux emballages plastiques

Selon ce rapport, publié par les ONG Greenpeace et EIA (Environmental Investigation Agency), les dix grandes chaînes de supermarchés au Royaume-Uni n'ont baissé leur empreinte plastique que de 1,6% en 2019 malgré leurs promesses.

"Le secteur doit de manière urgente accélérer le rythme"

Avec 896.853 tonnes d'emballages en plastique, soit le poids de 90 Tour Eiffel, il s'agit même d'une augmentation de 1,2% par rapport à 2017, date de la première étude.

"Nous avions espéré voir une tendance nettement à la baisse avec des stratégies et objectifs qui porteraient leurs fruits", note Christina Dixon, une responsable de l'EIA. "Au lieu de cela, nous observons une relative stabilité, qui est très loin de s'attaquer à la pollution du plastique. Le secteur doit de manière urgente accélérer le rythme", selon elle.

Les chaînes de supermarchés ont tendance à réduire l'utilisation d'emballages en plastique pour leurs propres marques puisque c'est là qu'elles ont les moyens d'agir sur la chaîne d'approvisionnement.

Mais beaucoup reste à faire pour les emballages des produits des marques tiers vendus en magasins.

Les distributeurs pourraient faire pression sur leurs fournisseurs

L'étude, réalisée grâce aux données fournies par les supermarchés, montre en outre que plus de 1,58 milliard de sacs en plastique à usage multiple pour les courses ont été distribués en 2019, soit 57 sacs par ménage britannique sur l'année.

En revanche, les sacs de course en plastique à usage unique sont de plus en plus rares puisque nombre d'enseignes les ont interdits.

"Les supermarchés doivent obliger les fabricants à réduire leur empreinte plastique, voire ne plus travailler avec ceux qui n'en font pas assez en la matière", explique l'EIA.

De son côté, Greenpeace presse les enseignes de suivre l'exemple de Sainsbury's et d'Aldi, qui se sont tous deux engagées à réduire les emballages en plastique de 50% d'ici 2025.

Les ONG en appellent au gouvernement britannique

Le rapport estime même que l'essor des achats en ligne du fait de la pandémie devrait être l'occasion de réduire l'utilisation de plastique.

Les emballages et sacs pourraient être par exemple moins nécessaires pour les courses livrées directement sur le pas de la porte.

Les ONG plaident en outre pour que le gouvernement fixe des objectifs de réduction des plastiques à usage unique et oblige les entreprises à dire combien elles en utilisent.

Selon une étude récente, le Royaume-Uni est l'un des pires pollueurs de la planète, avec 99 kilos de déchets en plastique par personne et par an, dont une partie peut se retrouver dans les océans.