Renoncer à la voiture, même le temps d'une journée, aurait des conséquences bénéfiques sur l'environnement

Renoncer à la voiture, même le temps d'une journée, aurait des conséquences bénéfiques sur l'environnement.
Renoncer à la voiture, même le temps d'une journée, aurait des conséquences bénéfiques sur l'environnement. - © Johner Images - Getty Images/Johner RF

Laisser sa voiture au garage au profit du vélo ou de la marche, même une journée, pour réduire son empreinte carbone, ça marche ! C’est du moins ce qu’affirme une récente étude européenne réalisée par des chercheurs de l’université d’Oxford.

Conduite dans plusieurs pays d’Europe et publiée dans le journal Global Environmental Change, l’étude a recensé les données de 2000 habitants dans les villes d’Anvers, Barcelone, Londres, Örebro (Suède), Rome, Vienne et Zurich. Chaque participant a fourni des données sur son temps de trajet et le mode de transport utilisé, notamment pour se rendre de son domicile à son lieu de travail.

Les auteurs de l’étude ont également réuni des données relatives à l’accès aux transports publics et aux facteurs socio-économiques qui caractérisent le quotidien des personnes impliquées dans la recherche. Enfin, l’équipe a mis au point un système de modélisation statistique afin d’évaluer comment la mobilité des participants influe sur les émissions de CO2 dans le temps et l’espace.

Moins 25% d’émissions de CO2 en passant au transport "vert"

Les chercheurs ont constaté que le passage à des transports doux pouvait permettre d’économiser jusqu’à un quart des émissions personnelles de CO2 liées aux transports. Sachant qu'une réduction de la pollution de l'air éviterait 50.000 morts en Europe... il y a de quoi réfléchir !

"Nous avons constaté que ceux qui remplacent la voiture par le vélo sur un seul trajet quotidien réduisent leur empreinte carbone d’environ 0,5 tonne par an, ce qui représente une part importante des émissions moyennes de CO2 par habitant", explique le Dr Christian Brand de l’université d’Oxford, qui a dirigé l’étude.


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"Si seulement 10% de la population changeait de comportement en matière de déplacements, les économies réalisées seraient d’environ 4% des émissions de CO2 sur l’ensemble du cycle de vie des déplacements en voiture", poursuit ce dernier.

Les plus fortes réductions de CO2 liées à l’usage restreint de la voiture ont été observées pour les voyages d’affaires, suivi des déplacements associés aux loisirs et des trajets domicile-travail (ou établissements scolaires), ce que le confinement a démontré avec le télétravail même s'il est source d'autres pollutions.

L’étude indique également que les personnes qui roulent déjà à vélo présentent des émissions de CO2 inférieurs de 84% à celles des non-cyclistes, pour tous leurs déplacements quotidiens.

Changer la ville pour changer la vie

Au vu de ces résultats, les chercheurs soulignent le levier d’action important représenté par nos habitudes de mobilité, arguant que cela permettrait également de réduire les inégalités sociales, de contribuer aux politiques de santé publique et d’améliorer la qualité de vie urbaine.

Si tous les déplacements en voiture ne peuvent pas être remplacés par des déplacements à vélo, le potentiel de réduction des émissions est immense."

Pour favoriser le recours aux modes de transport doux, les villes du monde entier devront investir dans des infrastructures de haute qualité pour les piétons et les cyclistes et intégrer des concepts de politique et de planification qui nécessitent une remise en question assez radicale de nos villes.


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"Cela devrait permettre de réduire les inégalités car ces concepts impliquent de mélanger différents groupes de population plutôt que de maintenir le modèle de zonage résidentiel par statut socio-économique actuellement utilisé", estime la Dre Audrey de Nazelle, qui a participé à l’étude.