Réduire les émissions de méthane serait la mesure la plus efficace pour ralentir le réchauffement climatique (et c'est possible)

Réduire les émissions de méthane serait la mesure la plus efficace pour ralentir le réchauffement climatique (et c'est possible).
Réduire les émissions de méthane serait la mesure la plus efficace pour ralentir le réchauffement climatique (et c'est possible). - © Catherine Falls Commercial - Getty Images

Limiter dès maintenant nos émissions de méthane pourrait non seulement de chnger la donne dans la lutte contre le réchauffement climatique mais c'est totalement à notre portée, affirme une nouvelle étude de l'ONU. Selon le rapport, cette stratégie pourrait nous permettre de réduire la température de la planète de 0,3°C d'ici 2045.

Quand on évoque le réchauffement climatique, les émissions de dioxyde de carbone (CO2) se retrouvent bien souvent sur le devant de la scène. Mais les émissions de méthane (CH4), autre gaz à effet de serre, contribuent également au réchauffement de notre planète.

Un impact sur l'environnement 84 fois plus important que le CO2 !

D'après des estimations du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), l'impact du méthane sur l'environnement serait 84 fois plus important que celui du CO2 sur une période de 20 ans. Or, les émissions de méthane rejetées dans l'atmosphère ont augmenté de 9% entre 2000 et 2017, selon une étude du Global Carbon Project dévoilée en juillet 2020.

A l'origine d'environ 30% du réchauffement climatique, le méthane se décompose dans l'atmosphère au bout de 10 ans, bien plus vite que le CO2 (100 ans).

De surcroît, il existe des stratégies simples et peu coûteuses pour limiter ses émissions, assure un nouveau rapport réalisé par le programme environnemental des Nations Unies Climate & Clean Air Coalition

Les pistes pour limiter les émissions de méthane

Principalement connu pour sa pollution liée à l'élevage de bétail (et donc à la viande que nous mangeons), le méthane représente la deuxième source de réchauffement de la planète.

Mais ce gaz à effet de serre est également impliqué dans la gestion des déchets (notamment les décharges à ciel ouvert qui émettent du méthane dans l'atmosphère), ainsi que dans l'exploitation des combustibles fossiles.

Identifier et réparer plus efficacement les fuites de méthane lors des extractions des énergies fossiles, améliorer la captation du biogaz issu des déchets organiques, changer l'alimentation des vaches destinées à l'élevage (par exemple en troquant le maïs ou le soja contre des graines de lin ou de la luzerne) font partie des stratégies à mettre en place pour limiter les émissions de méthane.

Agir maintenant réduirait le réchauffement de 0,3 degré

Bien sûr, la nature et l'ampleur des stratégies à mettre en place varient selon les pays. "En Europe et en Inde, c'est dans le traitement des déchets qu'il y a le plus de potentiel de réduction. En Chine, c'est dans l'industrie du charbon et l'élevage. En Afrique, dans l'élevage et l'industrie du pétrole et du gaz", indique l'étude. 

D'après les auteurs du rapport, réduire dès maintenant les émissions de méthane permettrait d'éviter un réchauffement de la planète de près de 0,3°C à l'horizon 2045.

Au-delà de l'aspect environnemental, diminuer les émissions de méthane permettrait également d'éviter 255.000 décès et la perte de 26 millions de tonnes de récoltes.