Recyclage, alternative au plastique : ce n'est pas ce que vous croyez !

Recyclage, alternative au plastique: ce n'est pas ce que vous croyez !
Recyclage, alternative au plastique: ce n'est pas ce que vous croyez ! - © mattpaul - Getty Images/RooM RF

Encore 8 millions de tonnes de plastiques se retrouvent dans les océans chaque année. La lutte contre la pollution plastique est essentielle mais certaines idées reçues ont encore la vie dure.

L’ONG Surfrider et le média "Qu’est-ce qu’on fait ? !" ont décidé de les noyer !

On ne peut pas recycler tous les plastiques existants

Le recyclage est une pratique citoyenne essentielle et partie prenante des solutions de développement durable mais il ne résoudra pas le problème tout seul. En effet, la multiplicité des composants présents dans les six types de plastiques utilisés pour nos emballages empêche d’avoir un recyclage efficace et total, faute de technologies adaptées et en raison de la complexité à mettre en place des traitements différenciés pour chaque plastique.

De plus, recycler le plastique n’est actuellement pas rentable : les étapes du recyclage sont nombreuses et coûteuses et le plastique recyclé est de moins bonne qualité. Avec la baisse des coûts du pétrole et la présence du plastique vierge partout (ce qui fait baisser son prix), ce dernier est beaucoup plus attractif pour les entreprises. Sur les 14% de déchets plastiques recyclés dans le monde, seuls 10% sont véritablement recyclés et 2% recyclés une deuxième fois.

Les solutions sont multiples : continuer de trier, évidemment, mais aussi ne pas acheter de produits emballés et faire pression sur les industriels pour les inciter à diminuer leur utilisation du plastique. C’est ce que fait l’association Break Free From Plastic.

Le bioplastique n’est pas une bonne idée

Les bioplastiques sont en plein essor : les entreprises y voient la solution pour reconquérir les consommateurs, qui exigent de plus en plus des engagements écologiques de leur part. Sauf que le bioplastique, qui désigne à la fois les plastiques biosourcés et les plastiques biodégradables, est loin d’être la panacée !

Les premiers contiennent encore souvent du pétrole (jusqu’à 75% de leurs composants puisque seuls 25% de biomasse sont nécessaires pour obtenir le titre) et les deuxièmes se dégradent sous l’action de micro-organismes mais ceux-ci ne sont présents que dans des milieux de compostage industriel (avec une forte humidité, une température de plus de 50 degrés…).

Des chercheurs britanniques ont ainsi enterré plusieurs plastiques biodégradables. Trois ans après, ils étaient encore en parfait état. Ce coup marketing peut donc avoir des conséquences désastreuses : faire croire au consommateur que ses déchets plastiques se dégraderont naturellement dans le sol risque d’augmenter l’abandon de déchets plastiques dans la nature.

Il n’est pas possible de nettoyer tout le plastique des océans

Cette solution en fait rêver plus d’un. Seul 1% des déchets plastiques flotte à la surface mais le reste s’immerge malheureusement en profondeur. De plus, en se désagrégeant, tous se transforment en microparticules. Il est donc inenvisageable d’assainir les océans de tous les déchets plastiques qui s’y amoncellent.