Pourquoi vous devriez éteindre votre caméra pendant une visioconférence ?

Mais les conséquences pour l'environnement sont inquiétantes comme le montre une nouvelle étude.

Conduite par des chercheurs américains des universités de Purdue, de Yale et de l'Institut de Technologie du Massachusetts, cette nouvelle étude évalue le bilan carbone au niveau mondial de nos activités de confinés et formulent des estimations pour 2021, définies en fonction de ces tendances de consommation numérique.

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Visioconférence et streaming sont de gros pollueurs

Les scientifiques ont calculé les empreintes de carbone, d'eau et de terre associées à chaque gigaoctet de données utilisées sur des plateformes telles que YouTube, Zoom, Facebook, Instagram, Twitter ou encore TikTok.

Les données citées dans cette recherche concernent plusieurs pays du monde : Brésil, Chine, France, Allemagne, Inde, Iran, Japon, Mexique, Pakistan, Russie, Afrique du Sud, Royaume-Uni et États-Unis.

Selon l'étude, une heure de visioconférence avec caméra allumée ou de streaming émet 150 à 1.000 grammes de dioxyde de carbone et nécessite 2 à 12 litres d'eau.

Un tel rythme de consommation pourrait, s'il perdure jusque fin 2021, nécessiter à lui seul la taille d'une forêt d'environ 71.600 de kilomètres carrés pour séquestrer le carbone émis. L'eau supplémentaire nécessaire au traitement et à la transmission des données pourrait quant à elle remplir plus de 300.000 piscines de taille olympique.


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Les bons gestes à adopter

Mais, bonne nouvelle : adopter des écogestes numériques simples permettrait également de limiter ces impacts de façon significative. Soit une empreinte carbone réduite de 96% si on choisit ne plus allumer sa caméra en réunion Zoom ou encore de regarder des vidéos en streaming en renonçant à la haute définition (- 86%), estiment les auteurs des travaux. 

Mais le Covid-19 n'est pas l'unique responsable de cette empreinte carbone numérique gargantuesque. Avant l'arrivée de la pandémie, le trafic internet représentait environ 3,7% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.


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Basées sur des données accessibles au public pour chaque plateforme et chaque pays, ces estimations restent toutefois approximatives, dans la mesure où elles correspondent à des données mises à disposition par les fournisseurs de services et des tiers.

Les chercheurs estiment toutefois que ces informations, les meilleures que l'on puisse obtenir en termes de données disponibles, suffisent à donner un indicateur précis des politiques et attitudes à adopter dans chaque pays pour tendre à davantage de sobriété numérique.