Pourquoi le trou dans la couche d'ozone revient-il chaque année ?

Comme nous l’avions expliqué il y a quelques mois, le trou dans la couche d’ozone situé au-dessus de l’Arctique a grandi énormément en raison de divers mouvements météorologiques. À nouveau, le record a été battu et le trou est de plus en plus grand mais cela ne veut pas dire que nous courrons à la catastrophe puisque ce trou grandi et rapetisse en fonction de nombreux facteurs.

Les scientifiques du Copernicus Atmosphere Monitoring Service (CAMS) ont averti le public sur le fait que le trou qui se forme cache année au-dessus de l’Arctique a atteint sa taille maximale pour 2020 et a également battu le record de taille de ces dernières années. En effet, il a gonflé à quelque 23 millions de kilomètres carrés, l’un des trous les plus grands et les plus profonds des 15 dernières années.

C’est un trou de taille supérieure à la moyenne, mais pas extrême ni sans précédent, a expliqué Richard Engelen, directeur adjoint du service de surveillance de l’atmosphère de Copernicus à Mashable.

 

Pourquoi ce trou revient-il chaque année ?

Le trou se forme chaque année entre septembre et décembre et fluctue en taille d’année en année car il est fortement influencé par les événements météorologiques dans l’atmosphère.

La couche d’ozone stratosphérique agit comme un bouclier, protégeant la Terre contre les rayonnements ultraviolets nocifs, mais les produits chimiques appauvrissant la couche d’ozone (notamment du chlore et du brome utilisés dans les climatiseurs et les réfrigérateurs) libérés dans l’atmosphère au cours du 20e siècle ont provoqué un amincissement annuel de la couche, connu sous le nom de "trou d’ozone". Ces substances s’accumulent dans le vortex polaire, une zone de basse pression dans la région, où les températures peuvent descendre en dessous de moins 78°C en hiver.

L’été Austral arrivant, le soleil se lève au-dessus du pôle après l’obscurité hivernale, l’énergie et la chaleur du soleil libèrent alors les atomes de chlore et de brome chimiquement actifs dans le vortex qui détruisent rapidement les molécules d’ozone, provoquant ainsi la formation du trou.

Vincent-Henri Peuch, directeur du service de surveillance de l’atmosphère Copernicus à l’ECMWF, a fait remarquer à The Ecologist : "Il existe une grande variabilité dans les événements de trous d’ozone qui se développent chaque année. Le trou d’ozone de 2020 ressemble à celui de 2018, qui était également un trou assez grand, et se trouve définitivement dans la partie supérieure du peloton des quinze dernières années."