Popa Langur : un singe à peine découvert et déjà en danger avec 260 individus restants

Popa Langur : un singe à peine découvert et déjà en danger avec 260 individus restants
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Popa Langur : un singe à peine découvert et déjà en danger avec 260 individus restants - © THAUNG WIN - AFP

Les scientifiques ont découvert une nouvelle espèce de primate dans les jungles de Birmanie et malheureusement, elle est déjà en danger d’extinction.

Le Popa langur est une espèce de singe avec une longue queue, des anneaux autour des yeux et une crête de fourrure sur le dessus de sa tête. Adorable en d’autres mots. Son nom lui vient du volcan sacré du mont Popa, comme on peut le lire dans l’étude publiée dans la revue Zoological Research.

Il n’est pas rare pour des scientifiques de découvrir, encore aujourd’hui, de nouvelles espèces. La planète réserve des surprises et de nouveaux animaux ou plantes voient régulièrement le jour, qu’ils soient cachés aux yeux humains depuis des siècles ou qu’ils ne soient apparus que récemment. C’est le cas notamment en Colombie, où des chercheurs ont découvert de nouvelles espèces sur des territoires inconnus de la communauté scientifique ou encore cette nouvelle espèce découverte par hasard dans un bocal qui traînait depuis 100 ans sur des étagères.

Une espèce déjà en danger

Selon un communique de presse du London Natural History Museum, il ne resterait qu’entre 200 et 260 de ces singes dans leur milieu naturel, classant l’espèce "en danger critique d’extinction". Une découverte aigre-douce pour les scientifiques qui se réjouissent de l’ajout de l’espèce dans les livres de biologie mais qui regrettent que l’espèce n’ait pas pu être protégée avant.

"L’espoir est qu’en donnant à cette espèce le statut scientifique et la notoriété qu’elle mérite, il y aura des efforts encore plus concertés pour protéger cette zone et les quelques autres populations restantes" a déclaré Roberto Portela Miguez, conservateur principal au Musée d’histoire naturelle, dans le communiqué.

Un Popa Langur au London Natural History Museum depuis 100 ans

Pour confirmer la découverte de la nouvelle espèce, les équipes de chercheurs de Fauna and Floral International (FFI) et du German Primate Center (GMC) ont mené des études de terrain et des comparaisons d’ADN. Le "Trachypithecus popa" (nom scientifique du Popa Langur) a été comparé à des spécimens déjà connu de la même famille des Trachypithecus mais c’est une pièce unique du London Natural History Museum qui a créé la surprise et permis la confirmation de la découverte de cette nouvelle espèce.


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Un spécimen vieux de 100 ans avait été conservé au London Natural History Museum. Au début du 20e siècle, le zoologiste britannique Guy C. Shortridge a collecté des milliers de spécimens, dont un spécimen de Trachypithecus datant de 1913 que l’équipe de recherches du Popa langur a réexaminé.

"Les singes sont l’un des groupes de mammifères les plus emblématiques, et ces spécimens sont dans les collections depuis plus de cent ans", explique Roberto Portela Miguez à CNN.

"Mais nous n’avions pas les outils ni l’expertise pour faire ce travail auparavant."

"Cette étude démontre que les collections d’histoire naturelle sont une ressource précieuse et essentielle pour la recherche génétique et dans le contexte de la crise actuelle de la biodiversité, elles sont clairement encore plus pertinentes et importantes aujourd’hui que jamais", continue Roberto Portela Miguez.

Il ne reste que 4 grandes populations en Birmanie

Les Popa Langurs étaient probablement répandus dans le centre de la Birmanie, d’après les chercheurs qui ont analysé des documents historiques, des spécimens de musée et des notes de voyage. Malheureusement, seuls quelques groupes ont survécu puisque, aujourd’hui, les individus restants ne vivent plus que dans quatre populations isolées.

La plus grande population se trouve sur le mont Popa, qui abrite plus de 100 individus. Mais, "bien que le mont Popa soit un parc national, ce qui signifie que les espèces qui s’y trouvent sont légalement protégées, la chasse et la déforestation pour l’industrie du bois et du bois de feu se produisent toujours", se désole Roberto Portela Miguez.

Quand l’espèce sera-t-elle catégorisée en danger ?

Et ce ne sont pas les seules menaces qui pèsent sur cette espèce en grand danger. L’empiètement agricole, la dégradation de l’environnement et d’autres perturbations de la terre comme le pâturage libre du bétail, sont des problèmes que l’étude met en évidence.

Les chercheurs ont demandé aux agences internationales comme l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES) d’ajouter le Popa langur à leurs listes d’espèces menacées. "Les forêts de Bago Yoma sont gravement dégradées et fragmentées, mais pourraient encore fournir le plus grand habitat contigu si la déforestation et la dégradation des forêts sont inversées grâce à une meilleure protection et restauration des forêts" explique l’étude.