Pollution numérique : 5 gestes du quotidien pour réduire notre empreinte carbone sur Internet

Womans hands using laptop
Womans hands using laptop - © Johner Images - Getty Images/Johner RF

Pendant deux jours, les consommateurs sont invités à ne réaliser aucun achat, à ne pas sortir la carte bancaire du portefeuille et à éteindre les lumières et l’écran d’ordinateur.

Des mesures qui peuvent sembler radicales, mais dont l’objectif est d’inviter chacun et chacune d’entre nous à réfléchir à l’impact de sa consommation quotidienne. Si nous sommes de plus en plus sensibilisés aux effets de notre production de déchets et de notre consommation de viande, il existe un phénomène qui contribue lui aussi grandement au réchauffement climatique : la pollution numérique.

Selon un rapport Greenpeace publié en 2017, le secteur informatique représente aujourd’hui environ 7% de la consommation mondiale d’électricité. Bela Loto, coordinatrice de l’association Maison de l’Informatique Responsable nous explique comment réduire au quotidien notre empreinte carbone numérique.

Dans le cadre de la Semaine Numérique, voici quelques conseils.

 

1. Prolonger la durée de vie des appareils au maximum

Si nos activités sur le web sont immatérielles, ce n’est pas le cas des appareils dont nous nous servons pour les réaliser. La fabrication d’ordinateurs, tablettes et smartphone entraîne l’épuisement de métaux, dont certains aux propriétés magnétiques précieuses, surnommés les "terres rares" (néodyme, dysprosium, yttrium et lanthane).

"L’idéal est de prendre soin de ces appareils. On a tendance à penser qu’on peut toujours en racheter, alors qu’il suffit d’en prendre soin pour les conserver plus longtemps", estime Bela Loto.

De plus, il vaut mieux ne pas garder indéfiniment dans son tiroir les smartphones inutilisés ; il existe des sociétés spécialisées dans le rachat de smartphones de deuxième main. Si vous ne savez pas quoi faire de vos objets électroniques, voici quelques bons gestes !Enfin, si vous voulez ou devez acheter un nouveau téléphone, vous pouvez vous tourner vers les smartphones reconditionnés qui ont de plus en plus la cote et qui vous permettent de diminuer votre empreinte écologique.

 

2. Pratiquer le "streaming raisonné" et paramétrer ses apps pour visionner les vidéos en définition standard plutôt qu’en haute définition

En 2015, le streaming vidéo a capté 63% du trafic web mondial. "Le fait de regarder des vidéos en direct implique un flux continu sur la toile, très énergivore. Le pire tiercé est de regarder les vidéos depuis un écran de portable, via la 4G et en haute définition", souligne Bela Loto.

Il existe des solutions simples à mettre en pratique pour un streaming plus "éco-responsable", comme visionner les vidéos en réseau wifi, et en basse définition quand on le fait depuis un smartphone. Vous pouvez également télécharger les musiques que l’on écoute souvent plutôt que les écouter en streaming.

"Un bon moyen d’optimiser sa consommation de streaming est également de privilégier l’audio, beaucoup moins énergivore que la vidéo", préconise Bela Loto, comme par exemple lors de vos téléconférences et autres réunions en télétravail, beaucoup plus utilisées depuis le confinement.


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3. Repenser l’échange de données numériques

L’envoi de photos ou d’images lourdes sur la toile n’est pas sans conséquence sur la planète. De même que le Cloud (système qui permet de stocker les informations dans un "nuage" informatique) consomme une quantité très importante d’énergie.

"On peut penser local au lieu du Cloud, par exemple en enregistrant ses données sur un disque dur", note Bela Loto.

 

4. Supprimer les pièces jointes et les e-mails inutiles

Conserver ses vieux e-mails nécessite une dépense énergétique : 10 grammes de CO2 par an et par mail stocké, selon la société Clean Fox. Pour Beta Loto, "le plus important reste de ne pas inclure les pièces jointes inutiles, ainsi que de privilégier les liens de partage de fichiers plutôt que l’envoi par e-mail."

 

5. Optimiser ses recherches sur le Net

Bien qu’il soit difficile d’obtenir des données précises et chiffrées sur le sujet, une recherche effectuée sur Google représente une consommation d’électricité non négligeable à échelle mondiale.

Comme l’explique Bela Loto, réduire son empreinte CO2 générée par l’utilisation d’un moteur de recherche est toutefois possible : "Favorisez les URL, abusez des onglets "favoris" et utilisez un maximum l’historique lorsque vous souhaitez rouvrir une page de navigation." Une astuce toute simple : ajouter les sites web fréquemment visités dans ses favoris pour éviter de continuellement lancer un moteur de recherche pour les retrouver !