Plus de 70% de la population mondiale vit dans des pays où les ressources naturelles sont limitées

Plus de 70% de la population mondiale vit dans des pays où les ressources naturelles sont limitées.
Plus de 70% de la population mondiale vit dans des pays où les ressources naturelles sont limitées. - © Guido Dingemans, De Eindredactie - Getty Images

72% de la population mondiale vit dans des pays où les ressources de la Terre ne suffisent plus à combler les besoins en consommation des habitants, démontre une nouvelle étude américaine.

Publiée cette semaine dans la revue Nature Sustainability, l'étude a été réalisée par des chercheurs du Global Footprint Network.

Biocapacité : le ratio ressources/besoins des populations

Afin de mesurer l'impact des activités humaines sur l'environnement, ce groupe de réflexion indépendant basé aux Etats-Unis a étudié la biocapacité à l'échelle mondiale, soit "l'aptitude des écosystèmes à fournir des matières biologiques utiles et assimiler des déchets générés par les humains en utilisant les modes de gestion et les technologies d'extraction existantes".

Les auteurs de cette nouvelle étude ont observé et analysé les données disponibles (provenant en grande partie des Nations Unies) en termes de biocapacité dans plus de vingt pays du monde, de 1980 à 2017.

L'objectif de cette recherche était de déterminer si ces pays présentaient un déficit ou un excédent en biocapacité. Les chercheurs ont également tenu compte du PIB par habitant de chaque pays afin de croiser ces données avec la situation économique des nations étudiées.

Les pays industrialisés achètent les ressources qui leur font défaut

En 2017, 72% de la population mondiale vivait dans des pays présentant un déficit de biocapacité, contre 57% en 1980, indique l'étude.

Si des pays comme la Suède, le Canada et la Finlande affichent de bons résultats en termes de biocapacité, d'autres pays industrialisés figurent à l'inverse dans la liste des "mauvais élèves". C'est notamment le cas du Japon, la France et de l'Allemagne, qui misent sur l'achat de ressources externes pour combler leur déficit de biocapacité.

Ce n'est toutefois pas possible pour des pays qui cumulent un déficit en biocapacité et un niveau de revenus inférieur à la moyenne mondiale,

C'est le cas notamment en Algérie, au Burundi, au Malawi, au Zimbabwe et en Inde.

"Piège de pauvreté écologique" ?

"La force économique d'un pays détermine la quantité de ressources qu'il est capable d'acheter et d'utiliser", explique Mathis Wackernagel, co-fondateur du Global Footprint Network et auteur principal de l'étude.

"Le faible revenu contrecarre la capacité de ces économies à se battre pour les ressources nécessaires sur le marché mondial. Cette tendance érode non seulement leurs possibilités de maintenir le progrès mais élimine également leurs chances d'éradiquer la pauvreté, une situation que nous appelons un 'piège de pauvreté écologique'", souligne le chercheur.