Plus d'arbres que prévu au Sahara et au Sahel, selon une étude

Plus d'arbres que prévu au Sahara et au Sahel, selon une étude.
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Plus d'arbres que prévu au Sahara et au Sahel, selon une étude. - © SEYLLOU DIALLO - AFP/Archives

Le sud du Sahara et le Sahel abritent plus d'arbres que supposé et ils ont un "rôle crucial" pour la biodiversité et la vie des populations, selon une étude.

L'équipe internationale de chercheurs a élaboré un programme de reconnaissance de formes par intelligence artificielle pour comptabiliser les arbres présentant une surface végétale de plus de trois mètres carrés, à partir de plus de 11.000 images satellite haute définition. L'analyse de l'étude a été commandée et publiée par Nature.

La végétation en zones sèches, oasis des hommes et des animaux

Sur une surface de 1,3 million de km² (deux fois et demi la superficie de la France) dans le sud du Sahara, la bande sahélienne (zone semi-aride au sud du désert) et des zones sub-humides en Afrique de l'Ouest, ils ont ainsi pu comptabiliser plus de 1,8 milliards d'arbres, soit une moyenne de 13,4 arbres à l'hectare, d'une couverture végétale médiane de 12 m².

Cette végétation, certes éparse, "joue un rôle crucial pour la biodiversité et pour l'écosystème en tant que stockage de carbone, ressources alimentaires et abri pour les populations humaines et animales".

"Bien que la couverture végétale totale soit faible, la densité relativement élevée d'arbres isolés remet en question l'idée prévalente de désertification des zones sèches et même le désert offre une densité d'arbres surprenante", poursuivent-ils.


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La densité va croissant en descendant vers les zones plus humides au sud, de 0,7 arbre à l'hectare dans les zones "hyper-arides", à 9,9 en zone aride, 30,1 en zone semi-aride 47 arbres à l'hectare en zone sub-humide.

Un recensement précieux pour l'étude des équilibres naturels

Outre ce comptage, l'étude offre une méthode inédite pour étudier la présence des arbres hors zones forestières denses, et leur rôle possible d'atténuation en matière de changement climatique, donc potentiellement de pauvreté par leur contribution aux systèmes agricoles, estiment les auteurs.

"Ce genre de données est très important pour établir une base. Et dans deux ou dix ans, on pourrait répéter l'étude pour voir si les efforts pour revitaliser (la végétation) sont efficaces", a expliqué un des chercheurs, Jesse Meyer, de l'agence spatiale américaine Nasa.

La technique d'intelligence artificielle utilisée suggère par ailleurs "qu'il sera bientôt possible, dans certaines limites, de cartographier l'emplacement et la taille de tous les arbres", une connaissance "fondamentale pour notre compréhension de l'écologie à l'échelle mondiale", ont estimé Niall P. Hanan et Julius Anchang de l'université américaine du Nouveau Mexique.