Plastiques : de l'intelligence artificielle pour trier mieux et recycler davantage

Plastiques : de l'intelligence artificielle pour trier mieux et recycler davantage.
Plastiques : de l'intelligence artificielle pour trier mieux et recycler davantage. - © MirageC - Getty Images

La quantité croissante d'emballages plastiques à recycler, liée à l'extension de la collecte des déchets ménagers, impose de renforcer les systèmes de tri avec des technologies innovantes, comme le recours à l'intelligence artificielle.

"Si l'on veut recycler davantage, on a un besoin d'affiner le tri, qui est sans commune mesure avec ce qu'on faisait avant", résume Antoine Robichon, directeur adjoint de Citeo, l'éco-organisme français  en charge des déchets ménagers.

Les nouvelles techniques de recyclage exigent un tri en 2 étapes

"Pour les nouvelles technologies de recyclage, tout ce qui est chimique notamment, il faut une qualité de tri assez fine" de la matière donnée aux recycleurs, explique M. Robichon.

Les centres de tri doivent en effet répondre au cahier des charges des recycleurs, qui veulent des plastiques bien triés par types de résine et sans impuretés (pas de restes alimentaires ou d'autres matières).

"Il faut encore affiner" et "en tout cas pour une partie du flux plastique, trier en deux étapes" avec un système de "surtri", poursuit-il.

L'intelligence artificielle et le contrôle continu optimisent le tri

Le recours à l'intelligence artificielle fait partie des innovations sélectionnées en février par Citeo. Ainsi le projet OMNI, mené par Valorplast en partenariat avec Total et la start-up Recyclye, utilise l'intelligence artificielle pour différencier les plastiques alimentaires et non alimentaires, un élément clé du tri pour optimiser le recyclage circulaire de ces produits.

Un autre projet, Qualixo, de la start-up Lixo, vise à mesurer la qualité du tri en continu sur la chaîne de tri, dès l'entrée des lots collectés jusqu'à la composition en sortie, alors que le contrôle se fait d'habitude par échantillons. Le système permet, avec une petite caméra, de caractériser les différents types de plastiques par leur forme.

Les images sont traitées en continu, alimentant des algorithmes de reconnaissance, et les données sur la composition du flux de déchets sont envoyées aux opérateurs.

"On apporte un tableau de bord sur lequel toutes ces informations sont enregistrées avec des graphes donnant le débit, la composition et des alertes s'il y a un objet dangereux", explique Marjorie Darcet, directrice générale de Lixo.

La reconnaissance d'images intégrée aux camions de collecte

"Le tri par reconnaissance d'image est pertinent mais cela ne remplacera pas 100% des machines dans les centres de tri", reconnaît-elle.

Mais d'ores et déjà plusieurs centres de tri l'installent et une version est testée directement sur les camions de collecte des déchets pour en analyser le contenu avant le centre de tri.

Le contrôle de qualité en continu en sortie du centre de tri grâce à l'intelligence artificielle est aussi au centre du projet Autodiag mené par Suez, également choisi par Citeo.

Le tri des déchets par le citoyen, un geste qui compte

Plus largement, "à chaque maillon de la chaîne, il y a des optimisations possibles", observe Alban Cotard, responsable commercial, qualité et développement chez Valorplast, expert du recyclage des plastiques.

"Les fournisseurs d'équipements vont améliorer leurs programmes de détection à chaque fois qu'il y aura de nouveaux emballages" mis sur le marché mais "le geste du citoyen est très important" au départ pour préparer la collecte des déchets, souligne-t-il.