Objectif zéro déchet dans la salle de bain : comment s'y mettre ?

RTBF Tendance lance une série "Zéro déchet", dans laquelle on vous fournit chaque semaine des conseils, astuces et idées pratiques zéro déchet pour chaque pièce de la maison.

Avec le zéro déchet, de nombreux Belges tentent d’adopter un autre mode de vie dans leur quotidien pour se diriger petit à petit vers une consommation plus durable et plus respectueuse pour la planète. Le mouvement zéro déchet (en anglais : zero waste) consiste en effet à prendre conscience de l’impact que notre consommation "classique" génère sur notre environnement et à adopter, en conséquence, une stratégie pour réduire au maximum nos déchets.

Après avoir exploré les grands principes de base de la pratique zéro déchet, nous nous attaquons cette semaine à la deuxième pièce la plus polluante de la maison : la salle de bain !

La salle de bain : "une vraie foire aux déchets" !

Après la cuisine, la salle de bain est sans doute la pièce de la maison qui génère le plus de déchets, malheureusement bien souvent non-recyclables.

"L’impact environnemental ne nous saute pas aux yeux de prime abord, parce que nos poubelles de salle de bain sont très petites ; mais la liste est pourtant sans appel : cotons, berlingot du dentifrice, bouteilles en plastique du gel douche et du shampoing, aérosol du déodorant ou de la mousse à raser, rasoirs jetables, serviettes hygiéniques, Cotons-Tiges,… une vraie foire aux déchets !" explique Monica Da Silva dans son livre "Zero déchet pas à pas". "Et c’est sans compter la composition douteuse de tous nos produits issus de l’industrie cosmétique, non seulement mauvais pour notre santé, mais tout autant pour la planète", poursuit-elle.

Une fois que vous avez pris conscience des déchets générés dans votre salle de bain et que vous avez identifié les "nuisibles à éradiquer", il ne reste plus qu’à passer à l’action !

La règle des 5 R de Béa Johnson appliquée à la salle de bain

Pour avoir une idée des changements à opérer pour avoir une salle de bain zéro déchet, reprenons la fameuse "règle des 5 R" de Béa Johnson (à appliquer en ordre de priorité : du haut vers le bas), et appliquons-la aux particularités de cette pièce :

  • Refuser : c’est la base. Pour avoir une salle de bain zéro déchet, il va d’abord falloir changer nos habitudes d’achats et dire NON au superflu. Avez-vous vraiment besoin d’acheter ce savon douche qui "sent trop bon" alors que vous avez encore trois bouteilles sur le bord de la baignoire ? Ou de ce quatrième mascara alors que vous en avez déjà deux, jamais utilisés ? Ayez la force de dire non à l’achat compulsif des produits d’hygiène et de beauté pour éviter d’engendrer de nouveaux déchets.

  • Réduire : "Less is more", un gros tri s’impose ! Osez la salle de bain minimaliste et ne gardez que l’essentiel dans vos armoires. Vous verrez, en plus de réduire drastiquement vos déchets à l’avenir, c’est ultra-libérateur de n’avoir que ce dont on a besoin à portée de mains.

  • Réutiliser : attention, pas question pour autant de tout jeter (et donc de gaspiller) pour ensuite tout remplacer par des produits durables. L’idée ici est de faire un changement progressif, et de commencer par utiliser les produits qui peuvent encore servir. Votre bouteille de shampoing est encore à moitié remplie ? Finissez-la avant de vous tourner vers le shampoing solide. Votre brosse-à-dent est encore utilisable ? Allez jusqu’au bout de sa durée de vie. Ne jetez que ce qui est périmé, et donnez ce qui n’est plus utile pour vous mais encore en bon état.

  • Recycler : si vous jetez, jetez bien.

  • Composter : cela ne concerne que les résidus alimentaires et les matières organiques, et cette règle ne s’applique donc pas à la salle de bain (à moins que vous ayez une toilette sèche).

Par quoi remplacer les produits d’hygiène classique ?

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© Getty Images

Privilégiez le durable, le vrac, le lavable, et le réutilisable lorsque vous faites de nouveaux achats pour votre salle de bain. Avec la popularité du zéro déchet ces dernières années, les solutions alternatives sont de plus en plus nombreuses et faciles d’accès. Par exemple :

  • La brosse à dent en plastique peut-être remplacée par une brosse à dents écologique en bois 100% recyclable ;

  • Les rasoirs en plastique peuvent être remplacés par un rasoir en inox non-jetable, dont il suffira simplement de changer les lames ;

  • Les cotons-tiges sont remplaçables (à vie !) par un oriculi aussi appelé cure-oreille,

  • Les serviettes hygiéniques et les tampons peuvent être remplacés par des serviettes lavables (durée de vie : environ 5 ans), des culottes réutilisables (durée de vie : 2 à 7 ans en fonction des marques), et/ou une coupe menstruelle (durée de vie : environ 5 ans) ;

  • Les savons, shampoings, dentifrice et déodorants se trouvent maintenant facilement en version solides sans emballage ou se fabriquent à partir d’ingrédients simples et bon marché (vous trouverez de nombreux tutos DIY sur internet) ;

  • Les disques démaquillants se remplacent par des disques démaquillants lavables (on retrouve également beaucoup de tutos couture sur internet).

  • etc.

Bien que le coût de certains produits durables peut paraître conséquent au premier abord, il est finalement vite amorti puisqu’il ne sera acheté qu’une fois. Et comme pour tout, il existe des solutions pour tous les budgets, et les recettes DIY de produits cosmétiques ne manquent pas sur la toile !

Quelques sources d’inspiration

Pour vous aider dans votre démarche, il existe de nombreux blogs et livres qui traitent du sujet, comme :