Momies égyptiennes : des scientifiques ont déballé numériquement un chaton et un cobra

Grâce à un nouveau scanner, des chercheurs d’une université britannique ont pu déballer numériquement plusieurs momies d’animaux et ainsi en apprendre plus sur leurs conditions de vie et de mort ainsi que les raisons pour lesquels ces animaux accompagnaient les humains dans leurs tombes.

Comme l’explique CNN, des recherches antérieures sur ces momies avaient montré qu’elles contenaient un serpent, un oiseau et un chat. Cette fois-ci, les momies sont passées à la microtomodensitométrie aux rayons X (un nom barbare) qui donne des images 100 fois plus détaillées qu’un scanner médical.

"Grâce à la microtomodensitométrie, nous pouvons effectivement effectuer une analyse post-mortem sur ces animaux, plus de 2000 ans après leur mort en Égypte ancienne", a déclaré Richard Johnston, professeur à l’Université de Swansea, qui a dirigé la recherche. "Ce sont les toutes dernières techniques d’imagerie scientifique. Nos travaux montrent comment les outils de haute technologie d’aujourd’hui peuvent apporter un éclairage nouveau sur un passé lointain."

Un chaton assassiné et un cobra divinisé

Les chercheurs ont découvert que le chaton avait moins de cinq mois au moment de sa mort. La séparation de ses vertèbres suggère qu’il a été étranglé à mort.

Le serpent, quant à lui, était un jeune cobra égyptien qui présentait des lésions rénales, ce qui signifie qu’il souffrait probablement d’un manque d’accès à l’eau. Les chercheurs pensent également que le cobra a été tué sous des coups de fouets et qu’il a peut-être été soumis à la cérémonie de "l’ouverture de la bouche" lors de la momification.

Cette cérémonie (qui n’implique pas nécessairement d’ouvrir physiquement la bouche comme on pourrait le croire vu sa dénomination) a été réalisée sur des momies humaines et des statues de dieux et il y existe des preuves que des animaux momifiés l’ont également subie. Elle consistait à préparer le défunt à l’au-delà en conservant ses fonctions vitales. 

De petites boules trouvées dans la bouche du cobra poussent les chercheurs à croire qu’il a bien été soumis à la cérémonie, ce qui serait la première preuve d’un comportement rituel complexe appliqué à un serpent. Une grande excitation pour la communauté scientifique.

Des momies comme fertilisant dans les jardins

Certains grands musées ont des collections de millions de momies et il en arrive toujours plus comme en 2019 où l’Égypte a dévoilé la découverte sans précédent de dizaines d’animaux sacrés momifiés dans une tombe d’un prêtre royal remontant au septième siècle avant JC.

Il n'était pas rare du tout de momifier les animaux (chats, serpents, crocodiles et chiens) dans l’Égypte ancienne. Ils étaient enterrés avec leur propriétaire ou proposé au défunt comme source de nourriture dans l’au-delà. Cependant, le plus souvent, les animaux momifiés étaient emmenés dans les temples en offrande aux dieux.

"Des millions et des millions d’animaux momifiés ont été trouvés, à tel point que dans le passé, à l’époque victorienne, ils les utilisaient comme compost à mettre dans la terre", a déclaré Graves-Brown.

Il est peu probable que les scientifiques effectuent ce type de numérisation à grande échelle, en raison de la quantité de travail nécessaire pour numériser et analyser les données résultantes ce qui rend cette étude unique.