Moins de cuir au Brésil, plus d'arbres en Amazonie

Moins de cuir au Brésil, plus d'arbres en Amazonie
Moins de cuir au Brésil, plus d'arbres en Amazonie - © Aleksandr_Vorobev - Getty Images/iStockphoto

Le géant du prêt-à-porter Hennes et Mauritz (H&M) a annoncé jeudi suspendre ses achats de cuir au Brésil pour des raisons environnementales, en réponse à de violents incendies en Amazonie.

Moins de cuir, moins de vaches, moins d'incendies, plus d'arbres

"En raison d'importants incendies dans la partie brésilienne de la forêt amazonienne et des liens avec la production bovine, nous avons décidé d'interdire temporairement le cuir en provenance du Brésil", a annoncé H&M dans un communiqué transmis.

"L'interdiction restera en vigueur jusqu'à ce qu'il y ait des systèmes de garanties crédibles mis en place pour vérifier que le cuir ne contribue pas aux dégâts environnementaux en Amazonie", a ajouté le groupe.

Plus de 83.000 incendies ont été recensés cette année au Brésil, dont plus de la moitié en Amazonie. Outre la sécheresse, plus intense en cette période, la progression de la déforestation est la principale cause de ces feux, selon les experts.

Dans l'Amazonie brésilienne, les régions déboisées et incendiées laissent souvent place à des zones de pâturage, jusqu'à ce que les sols s'appauvrissent et que les troupeaux soient déplacés vers d'autres territoires, laissant des terres où le sol et la forêt mettront des décennies à se reformer.

 

Quatre fois plus de bovins

L'élevage extensif de bovins, dont les pâturages ont quadruplé de surface en une génération dans le bassin amazonien est le principal moteur de la déforestation, selon Mapbiomas, une plate-forme collaborative réunissant données scientifiques ou venant d'ONG.

Fin août, plusieurs marques avaient également annoncé suspendre leurs commandes de cuir au Brésil, dont Timberland, Vans, JanSport, The North Face et Kipling, propriétés de l'entreprise américaine VF Corporation (VFC).

Le président brésilien Jair Bolsonaro a été sévèrement critiqué au niveau international pour la gestion des incendies par son gouvernement, qui a suscité une crise environnementale et diplomatique.

L'ONG Greenpeace estime que la déforestation est responsable de 65% du déboisement de l'Amazonie brésilienne, la plus grande forêt tropicale du monde, qui a perdu près de 20% de sa végétation d'origine, l'équivalent de la taille de la France.